Souvenirs de la maison des morts

par

Fiodor Dostoïevski

Origines, formation

 

Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski naît en 1821 à Moscou, d’un père médecin-major, despotique et brutal, qui sera assassiné par des serfs qu’il maltraitait, et d’une mère profondément chrétienne. De son éducation familiale il conservera toujours un ardent amour du Christ qui nourrira un intérêt constamment porté aux plus humbles, ainsi qu’aux idées de réforme sociale. C’est un enfant vif et observateur, doté d’une grande sensibilité. Très tôt il lit beaucoup : l’écrivain et historien Karamzine, Pouchkine. Pendant ses études à l’École du génie de Saint-Pétersbourg, après la mort de sa mère l’année de ses seize ans, il passe en revue le romantisme – Hugo, Hoffmann, Schiller, Goethe – et lit les romanciers européens – Walter Scott, Balzac, Eugène Sue, George Sand. Il s’intéresse aussi beaucoup au théâtre et s’essaie à l’écriture. Sentant en lui la mission d’écrire, il donne sa démission de lieutenant du génie en 1844. Sans formation universitaire, Dostoïevski s’est donc formé à la littérature en autodidacte.

 

Quelques étapes

 

1839 : À dix-huit ans, dans une lettre à son frère aîné, Dostoïevski se montre déjà très conscient de sa mission d’écrivain : « J'ai confiance en moi. L'homme est un mystère. Il faut le percer et, si cela demande toute la vie, qu'on ne dise pas qu'on a perdu son temps. Pour moi, je travaille ce mystère, car je veux être un homme. »

1846 : Parution du roman épistolaire Les Pauvres Gens, première œuvre de Dostoïevski, inspirée de la fréquentation des humbles au milieu desquels il a vécu après avoir interrompu ses études. Il s’agit d’un échange de lettres entre un modeste employé de bureau et une jeune fille pauvre qui tentent de s’entraider dans leur misère. Ce premier roman fait de Dostoïevski un auteur célèbre, mais ses œuvres suivantes déçoivent grandement ; on lui reproche notamment d’imiter Gogol, et on moque sa laideur et sa maladresse.

1849 : Après avoir lu dans deux cercles d’intellectuels une lettre subversive et anticléricale du grand critique russe Biélinski à Gogol, Dostoïevski, qui se prononçait aussi contre la censure et le servage, est condamné à...

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Dissertation à propos de Souvenirs de la maison des morts