Traité de la nature humaine

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Livre II : Des Passions

Maintenant que Hume a pu prouver que les connaissances avaient pour fondement l’empirisme, il s’agira de démontrer que la morale n’a rien à voir avec la raison. Il va ainsi révolutionner la conception philosophique de cette entité.

Tout comme il le fait avec les idées, Hume classifie et organise les impressions. Selon lui, il existe des impressions originales, qui viennent de nos sens (plaisir ou souffrance physiques), et des impressions secondaires qui, elles, viennent d’une impression originale. Ainsi, les passions seraient en fait comprises dans la catégorie des impressions secondaires.

Au sein de ce domaine, il existe, d’après Hume, différentes sortes de passions. On compte les passions directes et les passions indirectes. Dans les passions directes il comprend les sentiments comme la joie ou la tristesse, la peur, l’espoir, ou encore le désir. Dans les passions indirectes, on trouve des sentiments plus diffus comme l’amour, la haine, la fierté ou bien l’humilité. Il fait ensuite une différence certaine entre ce qu’on appelle la cause des passions et ce qu’on appelle leur objet.

Cependant, en reprenant les doctrines antérieures à Hume, on comprend que les relations de causes à effets sur les mondes n’étaient rien d’autre que des croyances portant sur les liens et connexions qui pouvaient exister entre différents objets. Or, des croyances telles que celles-ci peuvent en fait avoir un effet et agir sur nos actions personnelles. Ceci uniquement si les objets concernés ont une valeur particulière à nos yeux. Si ces objets ont une valeur telle, c’est qu’ils nous procurent des impressions originales, des impressions ayant attrait au plaisir ou à la douleur.

On peut donc en conclure que ce n’est bel et bien pas la raison qui est à l’origine de nos actions mais ces impressions originales qui ne sont rien d'autre que des expériences. Ainsi, si les passions n’ont pas de rapport avec la raison, alors elles ne sont pas qualifiables de raisonnables ou, à l’inverse, de déraisonnables. Elles ne sont rien d’autre que des sentiments. Et ces sentiments sont la source de nos agissements.

Finalement, ce sont les passions qui deviennent maîtres de notre raison et non le contraire. En tout cas, c’est ce que Hume considère comme étant l’ordre juste des choses.

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