Ursule Mirouët

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Les protagonistes

Docteur Denis Minoret

Denis Minoret est originaire de Nemours, où il a grandi. Il épouse la fille de Valentin Mirouët. Malheureusement, celle-ci meurt de façon soudaine, suite à l’exécution de Madame Roland. Minoret, devenu médecin du Roi et chef d’hôpital, est récompensé par l’État. Lorsqu’il prend sa retraite, il prend sous sa garde Ursule Mirouët, la fille de Joseph Mirouët (son beau-frère), et promet de s’occuper d’elle comme s’il s’agissait de la sienne.

En effet, Minoret garde Ursule comme la prunelle de ses yeux, et subvint à tous ses besoins. Il la traite de manière spéciale : « À cause d’Ursule il ne recevait personne le matin, il ne donnait jamais à dîner ». Avec ses trois amis eux-mêmes parmi les huiles de la société (le juge Bongrand, l’abbé Chaperon et le militaire de Jordy), Minoret s’assure qu’Ursule hérite de l’éducation la plus complète. Minoret et ses amis forment une sorte de fraternité, dans laquelle leurs esprits intelligents peuvent aisément s’entretenir, et ils peuvent vivre dans leur petit monde à eux, loin du reste de la famille de Minoret. Et cette petite société privée « adopte » en quelque sorte Ursule, qui est assez sage et assez dévouée pour se laisser transformer pour le meilleur par les quatre hommes.

Alors que Minoret octroie à Ursule ces traitements spéciaux, il demeure méfiant envers son entourage. Heureusement, par sa sagesse, il réalise que le reste de la famille Minoret éprouve de la haine et du ressentiment envers sa petite protégée. Ainsi donc, il préfère prendre des mesures de sécurité : « Aussi, dès que l’enfant fut sevrée et marcha, renvoya-t-il la cuisinière que sa nièce, madame Minoret-Levrault, lui avait donnée, en découvrant qu’elle instruisait la maîtresse de poste de tout ce qui se passait chez lui. » De plus, afin de détourner l’attention de ses héritiers de sa fortune qu’eux tous convoient, il se retire du monde social et devient virtuellement avare : il annule ses abonnements aux journaux, diminue ses dépenses en vêtements et ne mentionne rien qui concerne ses affaires. Conscient de la sournoiserie de sa famille, Minoret devint extrêmement cachotier à l’égard de ses finances. « il ne se mêlait de rien, et repoussait aussi bien les souscriptions royalistes que les souscriptions libérales ».

Ursule Mirouët

C’est la fille de Joseph Mirouët. À la mort des parents, elle est recueillie par le docteur Minoret. À ses côtés et auprès de ses trois amis, Ursule grandit en beauté et en intelligence. « Ursule appartenait à cette école de génies si rares ». Elle devient une femme raffinée et distinguée : « À dix-neuf ans, Ursule élégante, excellente musicienne et bien élevée n’avait plus rien à acquérir : elle était parfaite. Aussi obtint-elle une renommée de beauté, de grâce et d’instruction qui s’étendit au loin »

Voyant combien elle serait précieuse en tant qu’épouse, le docteur refuse sa main à Mme Aiglemont qui la désire pour son fils aîné.

La beauté physique et les talents d’Ursule complètent sa fortune intellectuelle et morale. C’est une jeune femme religieuse et dévouée au Seigneur, obéissante à ses quatre précepteurs. Elle se rend à la messe tous les dimanches et y mène même Minoret avec elle. C’est son respect du Seigneur qui incite son parrain à se convertir à la religion catholique.

La relation qu’Ursule entretient avec le docteur Denis Minoret est spéciale. Il est pour elle son père, sa mère, son ami, son médecin et en même temps son parrain. C’est un homme tendre, qui s’adresse à elle avec amour et affection : « ma chère petite », « mon enfant », « mon petit ange ».

Son amour pour Savinien la fait régresser à l’âge d’un enfant : « elle vient de prononcer son nom ; elle le trouve doux à prononcer : elle a déjà regardé dans l’almanach le jour de sa fête, elle y a fait un petit point rouge… ». En fin de compte, elle va l’épouser et devenir Madame de Portenduère.

L’abbé Chaperon

C’est le premier ami du docteur Minoret à Nemours. Il est très respecté et apprécié de ses fidèles. Homme charitable, il est capable de remuer ciel et terre pour satisfaire autrui. Le texte le justifie d’ailleurs en disant : « Le bon prêtre vendait souvent les boucles d’argent de ses souliers et de sa culotte pour en donner le prix à des pauvres qui le surprenaient sans le sou. » Mais plus il donnait au peuple, plus il s’en retirait, car pour lui il y avait toujours quelqu’un d’autre qui était dans le besoin plus que lui. De plus, sa bonté infinie le rendait même victime de certaines escroqueries des paysans. Cette charité maximale l’a poussé à développer un caractère d’autosuffisance et une personnalité frugale : « Il ne s’achetait jamais de linge ni d’habits, et portait ses vêtements jusqu’à ce qu’ils ne fussent plus de mise… Il mangeait chez lui dans l’étain et avec des couverts de fer battu. »

Ainsi donc, on remarque la simplicité dans laquelle cet homme d’église vit. Balzac met sans doute l’emphase sur ce modeste mode de vie pour faciliter le contraste avec la vie des hommes de Dieu d’alors. Le clergé se donne une place d’honneur dans la société, le second rang dans la hiérarchie (après la noblesse), et s’enrichit au détriment du prolétariat. Au travers du personnage de l’abbé Chaperon, Balzac partage avec nous ce qu’il considère comme l’homme d’église idéal (ou la figure la plus proche de cet idéal).

Le juge Bongrand

C’est l’un des amis d’Ursule et du juge de Nemours. Avant de travailler dans cette petite ville, il était employé à Melun. Lorsque sa femme meurt (alors qu’il n’a que 45 ans), il se fait embaucher par la Justice de Paix de Nemours. C’est un petit vieillard aux « cheveux… blancs », au « visage ramassé », et au nez « court et pointu ». Il a également un air de supériorité face à tout le monde, ce qui le rend quelque peu prétentieux. Il aime également jouer au whist.

Le Comte Savinien de Portenduère

Il est le petit-neveu du vice-amiral de Kergarouët, et le cousin du comte de Portenduère. Il est issu d’une famille fort riche. Il est décrit comme un « jeune et joli garçon… ». Initialement destiné à rejoindre la marine, il se fait élever à Nemours par sa mère qui s’obstine à ce choix premier, car elle préfère le garder tout près d’elle.

Comme dans toute famille bourgeoise, Savinien est destiné à épouser une fille issue de la bourgeoisie. Ce devrait être la fille cadette des Aiglemont, riche de douze mille livres de rentes. Néanmoins, ce plan ne fonctionne pas car non seulement au moment du mariage les Aiglemont sont ruinés, mais aussi une de leurs filles (Hélène, l’aînée) disparaît mystérieusement de la famille, drame étrange qui décourage les Portenduère de s’allier aux Aiglemont.

À 21 ans, Savinien quitte le domicile familial car il semble s’ennuyer dans sa vie de bourgeois. En un clin d’œil, il dilapide sa fortune dans des multiples dépenses inutiles : « Savinien eut bientôt dépensé les six mille francs qu’elle lui donna pour voir Paris. Cette somme ne défraya pas ses six premiers mois, et il dut alors le double de cette somme à son hôtel, à son tailleur, à son bottier, à son loueur de voitures et de chevaux, à un bijoutier, à tous les marchands qui concourent au luxe des jeunes gens. » Il est donc un des jeunes hommes de La Comédie humaine exemplifiant ceux qui mènent un train de vie dispendieux.

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