Winter

par

L’enjeu écologique

Ainsi, petit à petit, la narration montre commentl’adaptation se fait. La nature n’est pas devenue plus clémente, le froid n’estpas devenu moins mordant, mais les hommes s’adaptent. À travers leurstribulations, ils commencent à entrevoir la nature dans toute sa splendeur. Unenature où l’Homme existe autrement que comme un prédateur et un spoliateur dumonde qu’il est censé préserver.

On ne peut vivre au milieu de la nature pendant autantde temps et être témoin de sa puissance, de sa beauté et de sa fragilité, sansprendre conscience des l’importance de divers enjeux écologiques. Ainsi,l’auteur ne manque pas de faire de son livre un appel à la protection del’environnement. L’Homme a abondamment démontré sa capacité à tirer del’environnement les ressources dont il a besoin pour garantir sa survie. Maisil l’a fait avec un dédain criminel des conséquences de ses actes sur cettenature, en réalité fragile au-delà d’un certain seuil d’exploitation. L’aviditéde l’homme, la croissance de la population avec celle de ses besoins entravent lacapacité à se reconstituer de la nature.

« Il est temps d’arrêter decouper les forêts de vieilles pousses. Nous allons les détruire toutes, et puison entendra s’élever les clameurs habituelles : Il nous faut plus d’emplois,plus d’argent, et alors que ferons-nous ?… Bien sûr que les futaies de pinsvrillés, on peut y opérer des coupes sélectives. Mais les grands mélèzes, lesderniers cèdres géants ? Alors qu’il en reste si peu, et qu’ils sont si  importants pour la nature sauvage ? »

Son expérience au cœur de l’hiver fait de l’auteur unambassadeur de plus de la cause environnementaliste. Il ne nie pas le besoind’exploiter la nature pour le bénéfice de la civilisation, mais il prône saconservation en parallèle. Même des agglomérations relativement petitesreprésentent à terme des menaces pour le paradis terrestre que l’auteur atrouvé dans la vallée du Yaak, et pour de nombreux autres paradis sur laplanète.

« Il y a des gens quiveulent du fric, d’autres qui veulent des caribous. Il faut bien prendreposition et se ranger d’un côté ou de l’autre. »

Une autre tendance qui attire l’attention de l’auteurest le morcellement de la nature dans des États comme le Montana. En effet, ilconstate que de plus en plus de petites propriétés font office de résidencessecondaires pour les gens des grandes villes des États plus peuplés.

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