Analyse politique

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  • Publié le : 19 novembre 2009
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Université de Perpignan
Faculté de Droit et des sciences économiques

DEUG Droit
1e année

SCIENCE POLITIQUE

Plan du cours

Gérard Camilleri

2006

INTRODUCTION

Chapitre I. LA PLACE DE LA SCIENCE POLITIQUE

SECTION 1 La place dominante dans la société

SECTION 2 La place secondaire dans les sciences sociales

Chapitre 2. LA CONSTRUCTION HISTORIQUE DE LA SCIENCE POLITIQUEVOIR DOCUMENT EN ANNEXE

CHAPITRE 3. LES BASES DE LA SCIENCE POLITIQUE CONTEMPORAINE

La science politique s’est constituée à partir d'un conglomérat assez disparate de diverses disciplines (Droit constitutionnel, Histoire, Géographie, Économie, Sociologie, Psychologie...). Elle a progressivement trouvé son unité et sa cohérence aux États-Unis avant de se développer en France où ellecontinue sa progression.

Section I. Les définitions traditionnelles

Le repérage du politique constitue un problème ancien. Aristote, déjà, définissait l'Homme comme « naturellement politique ». Ce qui, en fait, lui permettait d'affirmer la véritable spécificité de l'Homme. Mais ce domaine spécifique est loin d'être déterminé avec précision puisqu'il existe une pluralité de définitionsdu politique, définitions qui sont d'ailleurs très peu opératoires du fait soit de leur extrême spécialisation, soit au contraire de leur généralisation ([1])
Ces analyses présentent souvent un réel intérêt mais elles restent statiques et descriptives ([2]).

Paragraphe 1. La définition du politique par le critère de l'État

La science politique serait la science de l'État. Cetteconception présente l'avantage d'être opératoire et précise car la notion d'État est située dans l'histoire, le temps et l'espace. De plus, l'État est aujourd'hui une institution dominante dans la mesure où elle englobe la totalité des autres institutions.
Mais cette conception présente aussi des inconvénients majeurs car l'État n'est que l'une des formes historiques du politique.

Il estdonc aussi difficile de définir le domaine politique par un critère institutionnel comme l'État. Ici, la définition devient extrêmement réductrice puisque qu'elle exclut du champ politique toute société non étatique comme le sont, par exemple, les sociétés primitives.

Paragraphe 2. La définition du politique par le critère du pouvoir

Il en est ainsi de la détermination du domainepolitique par la notion de pouvoir. En effet, la capacité d'agir sur autrui, voire de le contraindre n'est pas propre à l'univers politique. Ainsi par exemple, en retenant ce critère, on serait conduit à considérer que l'autorité des parents sur les enfants est de nature politique. On se rend bien compte qu'il faut alors trouver une frontière forcément arbitraire pour déterminer ce qui relève dudomaine politique. Ainsi, s'il est vraisemblable que le pouvoir constitue un des attributs de l'activité politique, il la déborde très largement.
L'étude du pouvoir serait l'objet propre de la science politique. Mais qu'est-ce que le pouvoir ? Ou commence-t-il ? Ou s'arrête-il ?
La détermination du politique par le critère du pouvoir conduit à une conception vague, restrictive etcontestable. Définir le politique par la domination, l'autorité, le commandement conduit à réduire fortement l'importance de l'influence, de la persuasion...Par ailleurs, il s'agit d'une conception parfaitement ethnocentrique qui écarte de la sphère du politique les sociétés primitives qui ne connaissent pas le pouvoir individualisé.

D’autres définitions du politique se fondent sur une conceptionrelationnelle :
Rapport de conciliation (Benedetto Croce)
Rapport d'antagonisme (Carl Schmitt)
Activité agrégative (Julien Freund)

Ces diverses conceptions restent des explications assez partielles et n'ont eu qu'un écho restreint dans le domaine de la recherche. Elles partent de ce qui est apparent comme d'ailleurs les analyses en terme de système ([3]), dont l'intérêt,...
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