Apologue

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  • Publié le : 5 décembre 2010
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L'apologue
Apologue (du grec apologos, conte, récit, compte rendu) est un mot qui s'applique spécialement d'un "récit inventé pour former les moeurs par des instructions déguisées sous l'allégorie d'une action. " Les acteurs sont habituellement des animaux; souvent aussi des êtres métaphysiques, tels que les vertus et les vices; des êtres surnaturels, dieux, génies, magiciens; des êtresinanimés, plantes, végétaux, pierres, minéraux, etc. L'auteur de l'apologue a le privilège de tout animer, de tout personnifier; on ne lui demande que de conserver à chaque être, à chaque objet, le caractère qui lui est ou qu'on doit lui supposer propre. D'où il suit que la qualité principale, essentielle du style de l'apologue, est le naturel. Le ton général doit en être simple et familier, sansnégligence ni platitude; on aime à voir dans l'expression une finesse naïve, de l'enjouement dans les peintures, de la grâce dans les descriptions, qui doivent toujours être courtes et vives. Des réflexions amenées naturellement et faites avec simplicité peuvent ajouter au sens et à la solidité de l'apologue; et si elles se mêlent à la peinture naïve du sentiment (Ex. : le monologue de la Laitière, dans lafable de La Fontaine), c'est le chef-d'oeuvre de l'art.
Deux autres genres de fiction se rapprochent de l'apologue, au point qu'il est parfois très difficile de distinguer les uns des autres : ce sont la fable et la parabole. Les mots fable et apologue sont d'ailleurs souvent pris comme synonymes. On peut toutefois dire-:

1°) que la fable forme par elle-même un tout littéraire et détaché,tandis que la parabole et l'apologue font le plus souvent partie d'un ensembles où ils ne figurent que par accident. C'est ainsi que l'Ancien Testament contient nombre d'apologues et les Evangiles nombre de paraboles.
2°) que la fable peut n'être qu'une scène décrite par un peintre et ne comporte pas forcément de moralité. L'apologue, au contraire, est une comédie en abrégé, une satire en action,mais sans violence, en un mot une oeuvre dramatique en raccourci. On en pourrait dire autant de la parabole. Apologue et parabole ont en outre une prétention commun, toujours la même : rendre meilleurs les humains. Les fables de La Fontaine sont souvent des apologues.

L'étroite parenté de l'apologue et de la fable fait qu'on ne peut faire l'histoire du première sans faire en même temps cellede la seconde. On se contentera donc ici de résumer ce que l'on dit, plus en détail, à la page sur la fable.
Histoire de l'apologue.
L'origine de l'apologue paraît remonter aux siècles les plus reculés; et cette forme de récit ou de remontrance a pu avoir été imaginée par la servitude, qui, n'osant dire ouvertement à la puissance certaines vérités, les lui aura présentées sous un voileallégorique qui en dissimulait l'audace, mais se laissait pénétrer sans peine par la sagacité du maître. Aussi l'apologue nous est-il venu de l'Orient, cette terre classique de l'esclavage. Chez les Hébreux, il existe beaucoup de paraboles; mais, à vrai dire, la Bible n'offre qu'un seul apologue; satire violente contre la monarchie, les Arbres qui se choisissent un roi (Juges, IX, 7-15). Le véritableberceau de la fable est l'Inde, où elle a été cultivée, non seulement comme un jeu d'esprit, une satire, une comédie à cent actes divers, mais comme un genre sérieux, comme un enseignement religieux et moral. Les Indiens sont panthéistes : pour eux, il n'y a qu'une seule vie, une existence universelle qui produit, absorbe et transforme sans cesse toutes les existences particulières : l'être est tour àtour dieu, héros, homme, animal, plante, toujours le même, toujours unique sous ces accidents passagers. Dans pareil contexte, il n'y a pas de fable à proprement parler; c'est leur histoire que les hommes écoutent, quand on fait parler devant eux les arbres et les animaux : les formes sensibles changent, les idées et les passions demeurent. La doctrine de la métempsycose resserre encore ce...
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