Automobile

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  • Publié le : 11 mai 2010
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Jusqu’où ira le bras de fer entre les importateurs de véhicules non-européens et le gouvernement sur les droits de douanes ? Chacun campe sur ses positions.
Après une année 2009 critique, le marché automobile marocain est encore en dépression. Les dernières statistiques de l’Association des importateurs de véhicules automobiles au Maroc (AIVAM) du mois de février confirment cette tendancebaissière. Les ventes de voitures neuves de tourisme (importés et montées localement) n’ont pas dépassé les 6700 unités en février, s’inscrivant ainsi en baisse de 10% par rapport à la même période l’année dernière. Pour remédier à cette baisse les importateurs multiplient les actions de promotion et les offres de financement. Sur le volet juridico-économique, une prime à la casse a été proposé , àl’instar de celle instaurée chez nos voisins européens, et des incitations fiscales. S’ajoute une baisse des droits de douanes opérée début mars dans le cadre de l’accord de libre échange avec l’Union européenne. Et c’est là que le bât blesse. La baisses des droits de douane sera bénéfique aux importateurs européens, mais pour les autres, le préjudice sera notable.
Sorties médiatiques
Les importateursde véhicules d’origine asiatique ont décidé de livrer bataille contre ce régime préférentiel. Honda, Toyota, Jeep, Subaru, Hyundai, Mazda, Kia et d’autres marques qui ont vu leur chiffre d’affaires dégringoler ces dernières années ont ainsi créé en 2008 le Groupement des importateurs de véhicules pour l’équité tarifaire (Givet) pour plaider leur cause. L’enjeu est de taille : les statistiques del’AIVAM montrent un déclin considérable des parts de marché de ces importateurs ces dernières années (6% en 2009) et la baisse se fera sentir davantage entre 2010 et 2012, année où les droits de douane seront de 0% pour les importateurs de véhicules provenant du vieux continent. Pour faire entendre sa voie, le Givet, présidé par Adil Bennani, DG de Toyota Maroc, n’a pas hésité à multiplier, cesdeux dernières semaines, les sorties médiatiques. Son argumentaire : la taxe appliquée aux importations en provenance des pays tiers, sauf partenaires commerciaux comme l’UE, sera de 17,5% en 2012, alors que l’Europe les taxe déjà à 10% et les États-Unis à 2,5%. Conclusion : le Maroc protège le marché des véhicules d’origine européenne plus que ne le font les Européens eux-mêmes. Le Givet demandedonc un amendement de la Loi de Finances 2010 et l’application d’un droit de douane de 10% pour tous les véhicules non européens.
Fermeté ministérielle
Mais Ahmed Reda Chami, ministre de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies, reste ferme. «Me demander de vous accorder des avantages par rapport à vos concurrents européens, c’est me demander de changer de métier», a-t-il récemmentdéclaré. Cette sortie du ministre ne décourage pas les membres du Givet. Pour arriver à ses fins politiques, le groupement qui représente 50% du marché marocain des véhicules importés compte frapper à toutes les portes pour obtenir gain de cause. Il a notamment frappé à la porte d’autres membres du gouvernement, sollicitant Abdellatif Maazouz, ministre du Commerce extérieur, Salaheddine Mezouar,ministre de l'Economie et des Finances et Nizar Baraka, ministre des Affaires économiques et générales. San réponse. «A ce jour, aucun ministère n’a répondu à notre demande», nous déclare Adil Bennani, président du Givet. En véritable lobby, le groupement ne compte pas s’arrêter là. Des réunions sont prévues avec Mohamed Hourani, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM)et les membres de la commission des finances au parlement. Le groupement cherche également des appuis extérieurs au sein des ambassades du Japon, de la Corée, de la Chine et de l’Inde pour exercer une pression sur les pouvoirs publics.
Face à ces sorties médiatiques du Givet, les importateurs de marques européennes n’ont pas tardé à répliquer. La réponse est tombée, laconique, à travers un...
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