Classes laborieuses, classes dangereuses

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  • Publié le : 10 avril 2011
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DISSERTATION Classes laborieuses, classes dangereuses. Edouard Carretié. Classes nombreuses, classes malheureuses, classes vicieuses, classes laborieuses, classes dangereuses : pendant la première du XIXème siècle, une inquiétude sociale se construit dans les élites urbaines suite au développement de la criminalité dans les villes. Les classes laborieuses sont un ensemble vaste, hétérogène etcomplexe en voie de prolétarisation, composé principalement par des travailleurs manuels. La notion de classe sociale est souvent liée à Karl Marx ; les classes sociales seraient mécaniquement produites par les rapports de production. Les approches sont devenues progressivement plus dynamiques en introduisant la notion d’identité de classe. Les masses de travailleurs s’homogénéisent progressivementpour devenir une classe ouvrière, composée par des ouvriers de l’industrie principalement, et émanant de l’industrialisation. L’étude est donc pertinente dans les sociétés industrialisées dans la mesure où le concept des classes laborieuses contient un sens social déterminé, donc principalement les pays occidentaux comme la France, l’Angleterre et les Etats-Unis, mais aussi des pays industrialisésplus récents mais très dynamiques comme l’Allemagne. Progressivement, la concentration du prolétariat urbain suscite les craintes de la bourgeoisie, qui y perçoit un foyer d’agitation et de pathologies, comme le montre Louis Chevalier dans son ouvrage Classes laborieuses et classes dangereuses (1958). Par les mouvements engendrés par ces classes populaires, comme peut l’être la révolte des canutslyonnais ou le luddisme du début du XIXème siècle en Angleterre, les classes laborieuses deviennent dangereuses aux yeux des contemporains bourgeois et aristocrates. Une classe n’est pas dangereuse en soi mais le devient quand elle représente manifestement une menace ou un danger pour un certain ordre social, pour certaines valeurs, et donc pour une certaine classe sociale. Mais il convient dedistinguer le danger de subversion politique et sociale et le danger quotidien caractérisé par le crime, même si les deux sortes de danger se rejoignent. En quoi les classes laborieuses représentaient un danger réel ou supposé pour les classes dominantes et dirigeantes, et donc, en définitive, pour le pouvoir des élites politiques et industrielles et comment la question sociale devient l’élément degestion des classes « dangereuses » ? Il s’agit donc de s’interroger sur les formes du danger, la part de mythe et de réalité du paradigme et sur la réaction des élites politiques et industrielles à l’égard de ces troubles sociaux. La question se pose d’autant plus que XIXème est le siècle des révolutions, et les pays industrialisés de la deuxième moitié du XIXème, même si ils épousent les voies dela démocratie et du républicanisme, redoutent et craignent encore la subversion politique et sociale. C’est pour cela que la dangerosité potentielle des classes laborieuses prend encore davantage de sens dans la deuxième moitié du XIXème, période de crainte où la classe politique cherche à améliorer le sort des classes laborieuses pour limiter les potentialités révolutionnaires. Mais l’éclosiondu prolétariat d’usine dépendant de la période d’industrialisation, on ne peut établir des bornes chronologiques communes aux pays industrialisés en raison des décalages dans le temps entre les pays. L’assimilation des classes laborieuses aux classes dangereuses s’effectue par les canaux de la violence, de la criminalité et de la contestation d’un certain ordre sociopolitique, mais cetteassimilation passe aussi par la perception subjective et faussée de la classe dominante,

majoritairement bourgeoise (I). L’Etat et le patronat s’emparent progressivement et pragmatiquement de la question ouvrière en permettant l’organisation des classes laborieuses et leur intégration sociale afin de limiter, non sans difficultés, les troubles de l’ordre public et les potentialités révolutionnaires...
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