Commentaire candide ch 18

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  • Publié le : 29 décembre 2009
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Candide – Ch 18 – L'Eldorado

Finalement, le bonheur, qu'est-ce que c'est? Une vague notion idéalisée par de nombreux écrivains au fil des siècles? Un thème abordé en philosophie? Nombreux sont les auteurs, qui ont tenté d'en donner quelques caractéristiques à travers des œuvres bien différentes les unes des autres: à travers des essais de réflexion évidemment, des traités divers etvariés, ou encore à travers le genre dramatique. Le thème de la société idéale, l'utopie, fut maintes et maintes fois développé, jusqu'à nos jours, où il reste plus que jamais d'actualité. Pour ne pas s'éloigner de la règle, Voltaire évoque une société idéale, lui aussi, dans son conte philosophique Candide. Dans ce récit du XVIIIème siècle, le philosophe des Lumières décrit le monde dans lequelarrivent par hasard le jeune Candide et son compagnon Cacambo, monde nouveau et irréel qui se nomme Eldorado. C'est justement ce passage qui est soumis à notre étude. Le passage en question montre deux moments importants qui sont une description de l'architecture de la capitale, ainsi qu'une présentation des mœurs des habitants. Mais cependant, loin de vouloir à son tour faire un portrait de la sociétéidéale rêvée par tout le monde, l'auteur montre au lecteur qu'il ne faut pas être aussi naïf que son personnage, et que ce monde parfait est destiné à n'être qu'imaginaire. Nous verrons cela en suivant trois directions dans notre analyse. D'abord, en relevant plusieurs caractères qui montrent que ce monde est totalement l'inverse de ce que nous avons, en Europe du XVIIIème siècle. Ensuite, ilsera utile de s'intéresser à la présentation de cette société idéale, tellement gonflée d'idéal qu'elle en ressort invraisemblable, ce qui mène alors à révéler la véritable visée de l'auteur lorsqu'il rédige ce texte complexe et subtil à la fois.

Candide et Cacambo, lorsqu'ils arrivent dans ce nouveau monde, perçoivent des caractères qu'ils connaissent déjà, mais tout est inversé. Ils assistent àune société aux antipodes de la leur. Sur trois points essentiels, qui vont fonder une civilisation. Les habitudes protocolaires sont inversées, puisqu'ils sont reçus par "vingt belles filles de la garde" l.6, ce qui s'oppose aux hommes habituellement assignés à cette fonction. Il en est de même un peu plus loin, à travers l'évocation des deux sexes en ce qui concerne les officiers, et les"officières". Ce partage des tâches est unique en son genre, et n'a jamais lieu évidemment, dans les sociétés de la vieille Europe d'alors. Cet accueil réservé à deux simples visiteurs est assez exceptionnel et rompt avec la réalité, et enfin, les hommages envers le Roi, sont chaleureux, sans être pompeux et fastes, comme dans la monarchie du XVIIIème siècle: la réponse du grand officier à la questionde Cacambo, en plus de l'étonnement qu'elle provoque, montre la simplicité du monarque, l.12-13.
Le deuxième point qui montre l'opposition des deux mondes est dans la présentation des institutions. Au contraire de ce que le lecteur connaît dans n'importe quelle société, il n'existe pas, en Eldorado, de système judiciaire, ou de répression. Les trois négations qui accompagnent ces remarquesinsistent sur cette originalité:"…il n'y en avait point, et qu'on ne plaidait jamais […] on lui dit que non". De plus, à l'inverse de ce que l'on trouve dans le monde de Candide, les efforts sont faits ici pour tout ce qui peut éclairer les hommes. Les lignes 21 et 22 évoquant l'intérêt des institutions de ce pays pour les connaissances et les sciences.
Troisième point qui joue sur cette systématiqueopposition entre le monde réel et ce monde féérique: l'urbanisme. Ici, les concepteurs de la ville mettent en valeur les places publiques et les marchés, véritables jardins d'Eden, qui contrastent de manière très marquée avec le simple côté fonctionnel des lieux publics traditionnels. C'est donc un monde idéal que décrit Voltaire dans ce passage, tellement idéal, d'ailleurs qu'il en devient...
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