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  • Publié le : 17 octobre 2010
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commentaire du texte de Malebranche sur le danger de l'imagination

Introduction
Nicolas Malebranche est né en 1638, d'une famille de parlementaires parisiens. Il étudie la philosophie d'Aristote, puis la théologie à la Sorbonne. Il entre à la congrégation de l'Oratoire en 1659. On y cultivait Aristote, Saint Augustin et Platon. Malebranche est ordonné prêtre en 1664. Cette même année, ildécouvre le Traité de l'homme de Descartes (Voici ce que l’écrivain Fontenelle qui l’a bien connu en dit : « Un jour où il passait rue Saint-Jacques, un libraire lui présenta le Traité de l'homme de M. Descartes, qui venait de paraître. Il avait 26 ans et ne connaissait Descartes que de nom et par quelques objections de ses cahiers de philosophie. Il se mit à feuilleter le livre, et fut frappé commed’une lumière qui en sortit toute nouvelle à ses yeux. Il entrevit une science dont il n’avait point d’idée, et sentit qu’elle lui convenait. Il acheta ce livre, le lut avec empressement, et, ce qu’on aura peut-être peine à croire, avec un tel transport qu’il lui prenait des battements de cœur qui l’obligeaient quelquefois d’interrompre sa lecture ».). Il en est extasié et se consacre dès lors à laphilosophie. En 1674, il publie le traité philosophique et médical De la recherche de la Vérité, ouvrage marqué par la vision cartésienne de l’homme conçu comme une mécanique bien précise, susceptible d’être déréglée, notamment par les perceptions, les sensations et l’imagination. Les deux premières sont étudiées dans le 1er livre du traité, tandis que le 2ème livre de la recherche de la vérités’offre comme un traité consacré aux puissances de dérèglement de l’imagination. Cette capacité à se former des images mentales naît du corps (comme les perceptions et les sensations…) et empêche l’homme d’user de sa raison. Dans l’extrait étudié, Malebranche entend développer une démonstration rigoureuse qui emprunte à une terminologie cartésienne et au discours médical de l’époque. Il s’agit pourle philosophe d’illustrer par un double-exemple combien la puissance de l’imagination est capable de détruire mentalement et physiquement l’homme. Descartes, dans son Discours de la méthode (1637) définissait l’homme comme un être de raison (« le bon sens est la chose du monde la mieux partagée »). Or, l’imagination détruit la raison, enlève à l’homme son humanité et déstructure le corps pour lerendre monstrueux. Pour en convaincre son lecteur, Malebranche mobilise une démarche qui se veut claire et didactique, c’est cette manière que nous étudierons dans la première partie. Cette démarche se veut scientifique et médicale (c’est là la matière que nous étudierons dans une seconde partie) ; elle recoupe par ailleurs une lecture religieuse du monde que nous mettrons en lumière dans un derniertemps.

I. Une démonstration didactique et claire

1. Une structure triplement efficace
Dans les deux exemples traités, les faits sont d’abord exposés sous la forme d’une description des deux enfants monstrueux. Le texte descriptif permet au lecteur de visualiser le résultat final : « un jeune homme… né fou… dont le corps était rompu dans les mêmes endroits dans lesquels on rompt lescriminels » (l.1 et 2) et « un enfant qui ressemblait parfaitement à la représentation de saint Pie » (l35). C’est tout d’abord l’analogie, la similitude avec un modèle qui est mise en évidence ; c’est cette conformité monstrueuse (elle nie l’identité de l’enfant) que le texte va expliquer scientifiquement. La description extrêmement détaillée du bébé difforme dans le second cas (l.35 à 40) crée unehypotypose (un tableau vivant, particulièrement suggestif), ce qui a pour but de frapper le lecteur (on décrit un monstre) et de mettre d’emblée en évidence la violence et le pouvoir de l’imagination. Le philosophe analyse ensuite les causes qui expliquent ces deux monstruosités. Nous entrons alors dans un texte explicatif ; il développe une démonstration qui se veut rigoureuse. Les deux...
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