Conflit du tibet

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  • Publié le : 27 mai 2010
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I. Historique
Le 1er octobre 1949 Mao Zedong proclame la création de la République populaire de Chine. A Lhassa, distante de milliers de kilomètres et isolée dans ses montagnes, la nouvelle n’est pas ressentie comme une menace. A peine y prête-t-on attention. Et pourtant, quelques mois plus tard, Radio Pékin, un des outils de la propagande communiste annonce sur ses ondes : « L’Armée populairede libération doit libérer tous les territoires de Chine, y compris Taiwan, Hainan, le Xinjiang et le Tibet ». L’heure est à la propagande : le Tibet est une terre chinoise et doit être ramené, de gré ou de force, dans le giron de la mère patrie.
Le 7 octobre 1950, après quelques tentatives de règlement diplomatique conduites par le Bureau des affaires étrangères tibétain, trois corps d’arméechinois attaquèrent le Tibet sur plusieurs de ses frontières:
* Une division arriva du Turkestan oriental (province du Xinjiang) et pénétra l’ouest du Tibet par la province occidentale de Ngari;
* Une division passa par la province de l’Amdo au nord-est du Tibet;
* Et enfin une troisième division, forte de 40 000 soldats chinois (selon le gouvernement tibétain en exil, 84 000 selonPierre-Antoine Donnet in Tibet mort ou vif) attaqua la partie orientale du Tibet, la province du Kham.
Cette dernière division fit face à une forte résistance menée par des soldats de l’armée tibétaine, des membres de la milice des frontières et des guerriers de la tribu des Khampas. Mais malgré cela, la résistance tibétaine fut vite dépassée par la violence de l’attaque chinoise. Le gouverneur duKham, Ngapo Ngawang Jigme, envoie un courrier à Lhassa demandant des instructions avant l’arrivée des troupes chinoises sur la capitale provinciale du Kham, la ville de Chamdo. Son télégramme restera sans réponse. Effectivement, alors que le Tibet oriental ploie sous les coups de l’Armée populaire de libération, les autorités tibétaines sont réunies dans les jardins du Norbulinka, près de Lhassa, pourla fête annuelle offerte par le Kashag (le cabinet ministériel du gouvernement tibétain. Face à ce silence, Ngapo capitule et fuit le Kham, le laissant aux mains des chinois. En onze jours, les chinois avaient conquis Chamdo, réduisant à néant les 5000 hommes de l’armée tibétaine. On peut voir dans cette terrible défaillance du gouvernement du Tibet la raison qui poussa par la suite Ngapo NgawangJigme a devenir l’un des tibétains les plus dévoué au parti communiste chinois…
Au niveau international, les protestations face à l’invasion chinoise peuvent être résumées à quelques brèves déclarations sans effet. L’Inde ne fit pas un geste, l’ONU ajourna la question à la demande de la Grande Bretagne, les Etats Unis et le Népal exprimèrent leur sympathie pour le Tibet sans rien faire d’autre…On peut dire que le Tibet paya alors le prix de son isolement voulu sur la scène internationale, comme le souligne Tenzin Geyche Tethong, secrétaire particulier du Dalaï Lama : « Nous autres tibétains avons vraiment été stupides avant 1950. Au lieu de nous ouvrir au monde extérieur et de forger des relations diplomatiques avec les pays étrangers, nous sommes restés volontairement dans l’isolementet nous maintenions inchangé un système comparable à celui qui existait dans vos pays occidentaux il y a deux ou trois cent ans ! Le Tibet ne s’était pas le moins du monde préparé à l’arrivé des chinois. Il est clair aujourd’hui que si le gouvernement tibétain avait profité de ces années pour établir des relations diplomatiques avec quelques autres pays, ne serait-ce qu’avec l’Inde, la Chineaurait eu beaucoup plus de difficultés pour clamer sa souveraineté sur le Tibet en 1950 ».
Une autre des raisons qui joua en défaveur du Tibet est celle de l’absence à cette époque de Dalaï Lama. Effectivement le XIIIème Dalaï Lama, décédé des années plus tôt, n’avait pas encore été remplacé. Sa réincarnation avait été trouvée mais le nouveau Dalaï lama, Tenzin Gyatso, n’avait pas encore été...
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