Conscience

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  • Publié le : 21 janvier 2010
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La conscience de soi est-elle une connaissance?
INTRODUCTION
La conscience consiste dans la faculté qui me permet de prendre connaissance de mes actes, et en particulier de l'activité de mon esprit. Elle se définirait donc comme une forme de connaissance. C'est ce que semble confirmer l'étymologie: "cum sciens" signifie "avec connaissance, accompagné de savoir". De même, les expressions"perdre conscience" ou "perdre connaissance", que l'on emploie indifféremment, témoignent d'une proximité entre conscience et connaissance.
Toutefois, dans quelle mesure la conscience de soi est-elle une connaissance de soi? La possibilité d'une telle connaissance supposerait une stabilité, une permanence de mon être. Or, je fais l'expérience d'un changement continuel en moi-même. A chaque instant,j'ai affaire à une pensée différente. La conscience est aussi bien le moyen d'éprouver que je ne demeure pas absolument le même. Autrement dit, il y a une altérité au cœur même du sujet: "Je est un autre" (Rimbaud). Cette altérité, cette altération n'est-elle pas de nature à compromettre la connaissance que je peux avoir de moi-même? Que signifie "moi-même"? Est-on jamais soi-même? Celasupposerait une coïncidence à soi qui n'est peut-être jamais donnée. Du seul fait que j'ai conscience de moi-même, est-ce que ce "moi-même" ne s'en trouve pas modifié? Dès lors, puis-je me connaître? Suis-je ce que j'ai conscience d'être?
I. L'expérience de la conscience
Le vrai moi est intérieur
La "connaissance intérieure"
La conscience de soi suppose plutôt l'absence d'autrui.Prendre conscience de soi est un acte solitaire. La méditation cartésienne qui aboutit à la définition de la conscience se déroule dans le recueillement et la solitude, à l'écart du fracas de la vie sociale. De même, celui qui veut pratiquer l'introspection aura intérêt à fuir la compagnie des autres, qui ne pourrait que le détourner de soi, pour être seul avec lui-même.
a. L'expérience de laconscience comme intuition.
Or l'intuition est une connaissance absolue, non relative ou partielle. Bergson distingue deux sortes de connaissances. L'une qui s'effectue du dehors. Elle est nécessairement relative au point de vue que j'ai de l'objet. L'idéal serait de pouvoir coïncider avec l'objet, de le connaître de l'intérieur. Par exemple, l'observation de photos d'une ville, aussi nombreusessoient-elles, n'égaleront jamais l'intuition que j'aurai de l'atmosphère de cette ville si je me promène dans ses rues. De même, s'il s'agit de décrire un personnage, je pourrai multiplier les remarques psychologiques sur son caractère. Il faudrait les multiplier à l'infini pour atteindre une connaissance équivalente à celle que j'aurais si je pouvais coïncider, sympathiser avec lui. Or il y a unobjet que je peux connaître de l'intérieur; c'est le moi.
b. Conscience ou pensée.
II. Difficultés de l'introspection
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Les perceptions inconscientes Un autre obstacle à cette entreprise de connaissance de soi par soi tient à la nature de la conscience elle-même. Leibniz met en lumière une limité extérieure à la conscience, il découvre l'existence d'un domaine où laconscience ne peut pénétrer. Mais il se pourrait que le sujet soit impuissant à connaître, même ce qui pourtant est donné à sa conscience, que même ce qui est conscient soit doit dénaturé par la conscience, altéré donc méconnu.
Sincérité et mauvaise foi Non seulement la confession a un autre but que la sincère connaissance de soi-même, mais toute prétention à la sincérité est suspecte.Prétendre être sincère, prétendre décrire ce que l'on est, c'est même selon Sartre le comble de la mauvaise foi (l'Etre et le néant, I, II). Une telle accusation est paradoxale. Cette mauvaise foi consiste en ceci que prétendre dire ce que je suis, c'est vouloir ignorer en quoi consistent la conscience et l'existence humaine.
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La distance à soi III. L'identité personnelle...
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