Construction sociale de la question de l'insécurité

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  • Publié le : 26 avril 2011
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Méthodologie
La construction sociale de la question de l’insécurité

Introduction :
« 59% des français pensent que la délinquance à augmenté », titrait le Point en Juillet dernier, citant des chiffres issus d’un sondage d’opinion de l’Ifop. S’il est possible de contester les méthodes usitées par les sondeurs (questions orientées, réponses incomplètes, représentation de l’opinion sous uneforme quantitative…), ces chiffres s’inscrivent dans la lignée de ceux publiés par tous les médias lors de la campagne présidentielle de 2002, dans laquelle l’insécurité était le maître mot de la plupart des candidats, quelles que soient leurs couleurs politiques. L’insécurité est un sentiment relativement flou, auquel chacun attache sa propre vision de la sureté: Est-ce la peur de sortir de chez soisans se faire agresser par des voyous dans la rue ? De perdre son emploi et de tomber dans le cercle vicieux du chômage ? De voir sa voiture cramer à toute heure ? Celle de voir la jeunesse sombrer dans un chaos anarchique en refusant des valeurs traditionnelles ? La peur de se faire tuer à chaque coin de rue ? Ce sentiment a commencé à être médiatisé peu après les émeutes urbaines qui seproduisirent entre 1990 et 1991, débutant à Vaulx-en-Velin pour s’étendre ensuite à la banlieue parisienne, produisant un amalgame médiatique entre « Violences » et « Cités », qui s’est ensuite répandu dans l’imaginaire populaire et politique pour trouver son apogée au cours des élections présidentielles de 2002. Ce discours représente encore aujourd’hui une des préoccupations majeures des électeursfrançais mais est-elle vraiment représentative d’une réalité ? Pour le comprendre, nous allons nous focaliser sur l’amplification de ce discours par les médias et les politiques, après avoir traité la question sous une forme plus empirique sous laquelle les principaux acteurs de cette question justifient leurs actions.

I. Une question politique justifiée par des faits
A. Un processus de« violences urbaines »

Le concept de « violences urbaines » est apparu avec le soulèvement, dans les années 90 d’un certain nombre de banlieues, provoquant ainsi la médiatisation d’une peur citoyenne des comportements violents à travers cette idée générale de l’insécurité. Ces violences urbaines seraient caractérisées, selon le texte de L. Muchielli par un accroissement de la délinquance juvénile, uneforme accrue de l’ « irrespect » des biens et des valeurs publiques et privées ainsi que des violences irrationnelles ou gratuites, en particulier chez les jeunes « des cités ».
L’auteur cite une augmentation des violences « mineures » soit les coups, blessures, vols, cambriolages ainsi que la consommation de Drogues au cours des vingt dernières années. Phénomènes que l’opinion publique croit àl’apanage des Jeunes défavorisés, population issue de l’immigration ayant grandi dans des « quartiers » : des groupements de cités HLM dans lesquels on peut parler de ghettoïsation, soit le fait de tenir une minorité à l’écart de la société. Ce système s’illustre très bien en banlieue parisienne où les coûts de transport augmentent au fur et à mesure que l’on s’éloigne du centre. Les logementsles moins chers, donc les plus intéressants pour les populations déjà pauvres, se situent en général loin du centre, qui lui concentre plus de 60% des emplois.
Parqués dans ces cités, dans lesquelles les chances de réussites et de mobilité sont faibles, on peut rejoindre la thèse présentée par le texte qui évalue ce processus de violence comme le retour d’un environnement pauvre dans lequell’acculturation d’un certain nombre de valeurs semble difficile.

B. La violence, une succession d’amalgames

Ce que dénoncent les auteurs du texte vient en particulier d’une conception et d’une lecture des chiffres officiels qui amènent la population à un certain nombre d’amalgames simplistes et encouragés, non seulement par les médias mais aussi par certains politiques pour justifier leurs...
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