Dissert

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  • Publié le : 29 décembre 2010
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Le nouveau livre du plus fameux tandem sociologique français s’inscrit dans la filiation ouverte par l’ouvrage pionnier d’Elena Gianini Belotti, Du côté des petites filles, paru aux Editions des Femmes en 1974. En effet, Christian Baudelot et Roger Establet leur livre autour d’une question centrale : « Trente-cinq ans après la publication de Du côté des petites filles, où en sommes-nous ? ». Laréponse est déclinée dans ce nouveau livre en huit chapitres assez courts, suivis des contributions de Colette Chiland, Catherine Marry et Joëlle Beaucamp. Tous les chapitres se décomposent en une suite de questions/réponses qui en facilitent la lecture et la compréhension.
Le chapitre introductif de l’ouvrage, intitulé de façon explicite « Trente ans après Belotti », revient sur l’apport del’ouvrage de cette psychologue italienne. Chez Belotti, on pouvait lire : « Tous les comportements de l’enfant sont, dès son plus jeune age, “lus” et interprétés différemment selon son sexe, par les adultes ». Quelles continuités peut-on observer ? Les petites filles sont-elles toujours traitées comme des petites filles, et donc différemment des petits garçons ? Belotti montrait que sans s’en rendrecompte, les mères se comportent différemment, notamment dans les jouets qu’elles proposent, mais aussi dans leurs interactions verbales avec les filles et les garçons. On stimule davantage le comportement social des garçons que celui des filles, on les stimule plus sur le plan moteur : on les manipule avec plus de vigueur, on les aide à s’asseoir, à marcher, plus que quand il s’agit d’une fille. Pèreset mères mettent en oeuvre des comportements différenciés selon les sexes : les pleurs d’un nourrisson sont interprétés en termes de colère si le bébé est présenté comme un garçon, en termes de peur s’il est présenté comme une fille. Qu’en est-il trente-cinq après ? Si la réponse est développée tout au long de l’ouvrage, ce premier chapitre vise d’abord à examiner les conditions méthodologiques dela possibilité de répondre à une telle question : a-t-on les moyens de faire la comparaison entre hier et aujourd’hui ?Le second chapitre revient sur une gageure de la sociologie : la notion de différences « naturelles ». Baudelot et Establet rappellent le débat sur le sexe du cerveau pour conclure sur les préjugés qu’incorporent ces notions. Les différences observées entre filles et garçons,notamment les différences de réussite scolaire, étudiées dans la suite du chapitre, relèvent de facteurs culturels et sociaux. Après l’école, le monde du travail : le chapitre intitulé « Quel avenir devant soi ? » étudie l’insertion des femmes dans le monde du travail. Si les médias mettent en avant les carrières spectaculaires de certaines femmes, un simple détour par les taux de féminisation desprofessions permet de rompre avec cette vision enchantée.
Le chapitre quatre revient sur la notion d’identité de genre. Comme le rappellent Baudelot et Establet, l’appartenance à un genre est une construction sociale. Ce chapitre est celui qui s’inscrit le plus directement dans la continuité de l’étude de Belotti, en reprenant aujourd’hui les constats déjà faits en 1974. Dans les maternités, àpoids et à taille égaux, les garçons sont décrits par leurs parents et leurs visiteurs comme grands, tandis que les filles seront qualifiées de mignonnes, petites. Les jouets offerts aux filles et aux garçons diffèrent toujours grandement, comme l’avait montré S. Vincent [2]. Le chapitre interroge ensuite plus profondément cette question d’une sexuation des jouets et des livres et rappelle leursusages différenciés selon les sexes.
Quoi de neuf chez les pères ? Peut-on légitimement parler de nouveaux pères ? Le vocable recouvre-t-il une réalité sociologique ? Il apparaît en réalité qu’en fait de nouveaux pères, on a encore beaucoup à faire. Certes, les pères se sont associés à des tâches dans la prime enfance traditionnellement attachées aux femmes. Mais de là à conclure à une confusion...
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