Dissertation

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  • Publié le : 1 décembre 2010
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Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l'économie française entre dans une période de profondes mutations, devant les nécessités de la reconstruction, auxquelles succèdent rapidement celles de la modernisation des secteurs industriels et agricoles. Or les conséquences de cette modernisation font entrer le tissu industriel landais, et par conséquent le monde ouvrier landais, dans une gravecrise. Marginalisés par leur situation géographique, des sites industriels comme ceux de l'usine Saint-Gobain et des Forges de Tarnos n'entrent pas dans le cadre de l'économie semi-planifiée des années 1940 et 1950. D'autres secteurs, comme l'industrie bouchonnière ou l'industrie de transformation de la gemme sont quant à eux en bout de course. Malgré une importante progression jusqu'en 1950,l'industrie bouchonnière est ainsi atteinte par la crise qui touche cette activité au plan mondial et entre dans une phase de déclin. En 1955, il n'y a pratiquement plus de production locale de liège, et même si on compte encore 14 usines dans les Landes en 1958, celles-ci sont condamnées à court ou moyen terme. Pour les ouvriers bouchonniers, la crise commençe même bien avant. L'introduction de nouvellesmachines a en effet conduit à une réduction drastique de la main-d'œuvre dans ce secteur pourtant important au début du siècle et jusque dans l'entre-deux guerre. Mais, dans les années 1940-1950 comme dans les périodes précédentes, l'épicentre du mouvement ouvrier reste situé dans les Landes autour des Forges de Tarnos, frappées de plein fouet par la crise et secouées par d'importantesmobilisations.

Au cours de l'été 1944, les forges fonctionnent encore au ralenti, du fait des difficultés de l'approvisionnement en matière première et de l'absence de très nombreux ouvriers, prisonniers de guerre, déportés ou clandestins. A la Libération, seuls 800 salariés travaillent dans l'usine, qui se consacre à la construction de logement en bois pour les populations sinistrées du Nord de laFrance. En 1945, avec le retour des prisonniers, les forges sont prêtes à reprendre leur activité et de nombreux jeunes cherchent un emploi. C'est aussi la période de la " bataille de la production " soutenue par les militants communistes et par de nombreux syndicalistes C.G.T.. Joseph Cazaurang, secrétaire du syndicat C.G.T. des Forges, conduit ainsi une délégation d'ouvriers et d'ingénieurs à Parisauprès de Marcel Paul, ministre communiste de la production industrielle, pour réclamer la relance de l'approvisionnement en charbon et la remise en route de l'usine. Ils obtiennent rapidement gain de cause et fonte, aciers, rails et appareils de voie pour les chemins de fer sortent à nouveau des Forges, contribuant ainsi à la reconstruction des infrastructures détruites pendant la guerre sur toutle territoire français. La situation de l'entreprise reste toutefois précaire, comme le prouvent en 1947 les dispositions du plan Monnet, qui prévoit la fermeture des Forges de l'Adour, considérées comme un site industriel marginal. Grâce à la présence dans la délégation nationale C.G.T. au Plan Monnet de M. Malvaux, ingénieur des hauts-fourneaux de Tarnos, la fermeture est toutefois annulée.Malgré ce premier coup de semonce, l'activité continue et se renforce même, puisque les effectifs de l'usine dépassent les 2 000 salariés.

L'action des responsables syndicaux de la C.G.T. face à cette première menace a sans doute joué un rôle dans le maintien de l'hégémonie de ce syndicat dans les années suivantes. Ainsi, la scission de la C.G.T. et la création de Force Ouvrière restent sansconséquence aux Forges. Dans les années suivantes, la C.G.T. continue de représenter 80 à 85 % des suffrages des ouvriers et des employés lors des élections professionnelles. Pourtant, à l'initiative des cadres et des ingénieurs, plusieurs scissions ont lieu. Au début des années 1950, ces derniers ont en effet formé un syndicat autonome suite à des tensions avec les représentants de la C.G.T.. Quelques...
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