Dissertation

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  • Publié le : 15 avril 2011
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La grande instabilité politique de la France, au xixe siècle, a largement contribué à l’éclosion de nouveaux genres littéraires et donc à une évolution littéraire. À cette époque, quelques écrivains marginaux ont eu le souci de peindre la réalité et ont fondé le courant du réalisme. D’autres ont contribué au divertissement du peuple par l’entremise du genre fantastique nullement vu auparavant. Lecélèbre écrivain Guy de Maupassant est un des premiers auteurs à avoir usé du réalisme ainsi que du fantastique dans ses contes et nouvelles. Ce spécialiste du doute et de l’angoisse a rédigé, en 1884, la nouvelle La Chevelure publiée dans plusieurs recueils. La folie, étant un thème récurrent chez Maupassant puisqu’il était fasciner pas tous les maux névrotiques, qui est manifesté par l’étrangerdans cette œuvre relève du genre fantastique. L’auteur, dans cette œuvre, tente de plonger le lecteur dans le mystère. Ce mystère s’accroît au cours de la lecture du récit et fait hésiter le lecteur entre l’explication rationnelle des faits ou l’explication surnaturelle. En d’autres mots, c’est à première vue incompréhensible de savoir si le prisonnier est réellement fou ou si la chevelure qui lehante est réellement animée d’une présence quelconque.

D’entrée de jeu, des indices évidents amènent à croire que le prisonnier est atteint de folie érotique macabre. L’importance accorder aux qualificatifs du médecin consternant la démence du fou est considérablement plus persuasive que les propos inscrits dans le journal de la victime. En effet, le médecin, étant une source de référencegénéralement fiable, évoque sans aucun doute la nécrophilie du prisonnier ! C’est une sorte de nécrophile! (l.13) et le décrit comme un !fou obscène!. Étant donné que l’homme est placé dans une cellule très sécurisée d’un asile et qu’il ne se cache pas pour dévoiler !la maladie de son esprit!, le lecteur serait porté à déduire que les malaises du prisonnier sont d’ordre psychologique. Par ailleurs, cequi permet de considérer les évènements d’une perspective extérieure à l’univers du fou et a apporté un jugement critique à son journal est évidemment la technique du récit enchâssé employer par Maupassant. Ainsi, il établit une distance entre la perception du fou et les emprises réelles de ce dernier. Dans ses conditions, !ses joies intimes! de possession d’objets anciens appartenant aux femmesd’autrefois est très questionnant. À cet égard, plusieurs comparaisons entre l’amour d’un objet antique et le charme d’une femme sont insérées dans le texte : !On regarde un objet et, peu à peu, il vous séduit, vous trouble, vous envahit comme ferait un visage de femme! (1.60-61) ou !Je tournais la clef de l’armoire (où se trouvait la chevelure) avec ce frémissement qu’on a en ouvrant la porte de labien-aimée (…)! (1.125 à 128). Ces comparaisons font allusion à la possible paraphilie du personnage. Ce dernier accorde une importance si grande à ses objets anciens qu’il en perd la raison. Ils les personnifient, leurs accordent des étranges caractéristiques humaines : !Les baisers dont je !réchauffais la chevelure! Me faisaient défaillir de bonheur(…)! (1.143 à 146). Quant à son désir sexuelévident envers la chevelure dorée, l’auteur emploie un champ lexical du désir : séduit charme aime violents irrésistible caresse pour mettre en évidence les puissantes pulsions que la chevelure émet sur lui. Bref, les propos du spécialiste concernant la condition du prisonnier, le désir de possession des objets du siècle dernier ainsi que son envie sexuelle envers la chevelure poussent lelecteur vers des explications rationnelles des évènements.

Par ailleurs, ce récit fantastique témoigne de la mystérieuse présence dans la chevelure. Maupassant suscite le doute lorsqu’il attribue un pouvoir d’abstraction à cette natte de cheveux. Dans l’ensemble du texte, plusieurs personnifications sont présentes afin de rendre la chevelure vivante, animée : ! Elle me coulait sur les...
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