Dissertation

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  • Publié le : 23 mai 2010
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Il est 14 heures, il neige toujours autant que l’heure précédente, le froid est dominant dans la capitale. C’est la première fois que je vois une telle débâcle parmi les automobilistes. Les routes ont été salées et pourtant, une couche blanchâtre effraie les rares conducteurs que je vois passer. Ils ont tous peur d’avoir un accident, d’être blessés ou même pire, mourir en n’ayant pas vécu.J’arrive devant les grandes portes qui ferment l’accès au Lycée Edgar Poe. Ici je dois rencontrer des adolescents, pour la plupart suicidaires. Je dois intervenir auprès d’eux afin de leur faire aimer la vie…sous toutes ses formes.
Je suis psychologue. Je passe mon temps à étudier le comportement des gens, chez moi c’est même devenu un réflexe, je lis sur eux ce qu’ils ne savent pas dire, ou ce qu’ilstentent de cacher. Les portes s’ouvrent. Quelqu’un m’accueille :
- Je suis Mathieu l’assistant d’éducation, vous devez être notre intervenant ?
- Oui, en effet !
et nous partons vers un amphithéâtre, spécialement aménagé pour moi et mon auditoire.
Je dépose mes affaires, mets mon blouson sur le dossier d’une chaise et attends nerveusement les élèves.
Une horrible sonnerie assourdissantevient briser le calme planant de la salle de conférence, le son résonne brutalement pendant un bref instant, j’en suis venu à me croire dans un stade de foot ! Quelques secondes plus tard, la porte de l’amphi s’ouvre et je découvre une vingtaine d’élèves déprimés, sans intérêt aucun et revêtant un masque sombre sur leur visage. Ils prennent place dans les gradins de l’auditorium.
Je monte surl’estrade, face à ces jeunes et je m’agrippe au pupitre :
- Je m’appelle Philippe Dedrecques, je suis psychologue spécialisé dans les actes lâches que vous avez tous en tête, les suicides. Grâce à ces quelques mots je capte leur attention, je les intrigue. Une petite victoire pour moi !
- Vous n’avez pas une vie facile de ce que j’en déduit, et de ce qu’on m’a dit ! Vous souffrez !
Je fais unecourte pause afin que mes paroles raisonnent dans leurs têtes comme la sonnerie dans cette salle :
 - Vous en êtes même arrivés à vous dévaloriser. Je vois que la plupart d’entre vous avez une allure sombre, non pas dans votre style vestimentaire mais dans votre comportement, dans la manière de prononcer les mots, de cligner des yeux, et votre façon si particulière de faire un pas devant l’autre.Mais posez-vous les bonnes questions, pourquoi vous aimez, si vous ne vous aimez pas ? Comment vous aimer, si vous n’aimez pas ? Vous êtes les auteurs et les interprètes de votre propre vie ! Vous la rédigez en permanence, chaque instant, chaque seconde, chaque minute…Et pour une partie d’entre vous, cette histoire a une malheureuse fin. Tragique !»
A cet instant, tous les regards sont tournés versmoi, je peux voir dans les yeux de certains élèves que ces mots raisonnent dans les têtes comme cette cacophonie.
«Vous êtes lâches !» Tous semblent choqués de mes propos.
 «Lâche de vouloir mettre une fin à votre récit, lâche de fuir un combat que beaucoup d’autres avant vous ont gagnés !» Je hausse le ton et les regards dépressifs des ces jeunes personnes me fixent toujours. Je finis macourte intervention :
- J’ouvre à partir de la semaine prochaine, dans ce lycée une cellule d’écoute et de soutien psychologique. Je sais que vous ne voulez pas y aller car, pour une majorité de personnes, la psychologie n’est pas un remède et vous avez raison ! Ce n’est pas un remède, mais une thérapie, un suivi à durée indéterminé mais efficace, je vais vous aider à traverser cette mauvaisepériode de votre vie, je suis à votre service !
Y a t-il des questions ? N’hésitez pas je suis là pour ça…personne n’a le droit de vous juger !
Je les regarde, les uns après les autres quand soudain mon regard se fixe, un élève m’intrigue, on dirait qu’il parle à quelqu’un qui se trouve sur sa droite, mais je ne vois personne. Il est gêné de la situation…ça se lit sur son visage. Une seconde...
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