Epicure

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  • Publié le : 1 janvier 2011
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Lettre à Ménécée, Epicure

Introduction

L’Epicurisme est une doctrine qui porte le nom de son fondateur: Epicure (341-270av. J-C). A l’âge de dix-huit ans, Epicure est envoyé faire ses études à Athènes. L’année suivante sa famille est chassée de Samos et contrainte de mener l’existence précaire des réfugiés à Colophon. L’expérience de ses malheurs incite Epicure à trouver une explicationrationnelle, plus efficace que le seul recours à la prière. Il fonde sa première école à Mytilène en -306. Il est le fondateur d’un « système de la nature » et a pour dessein de nous faire parvenir à la sécurité de l’esprit, à la paix intérieure, à un bonheur synonyme de repos.

L’introduction la plus brève et la plus dense à la philosophie d’Epicure est constituée par ce que l’écoleépicurienne a désigné sous le nom de « tetrapharmakos » c’est-à-dire « quadruple-remède » ainsi formulé « le dieu n’est pas à craindre; la mort ne donne pas de souci; et tandis que le bien est facile à obtenir, le mal est facile à supporter ».
La Lettre est un résumé de cette doctrine éthique et présente les quatre parties du quadruple-remède. Epicure part du plus urgent en partant de ce qui est le plusgrand motif de trouble pour l’esprit: les dieux, la mort; pour acheminer le lecteur vers l’exercice conjoint du corps et de l’âme, c’est-à-dire pour apprendre à repousser le mal, et à obtenir durablement le bien.

Le soin de l’âme: combattre le trouble de la pensée

Epicure aborde pour commencer les deux premiers objets de l’éthique, les dieux et la mort, dont la pensée engendre des angoissesliées à la finitude humaine (la limitation du pouvoir de connaître et la limitation de la durée de vie).

1. La pensée des dieux

-Epicure montre que ces angoisses sont causées par des opinions vides: les dieux ne peuvent pas se mêler des affaires des hommes, étant ce qu’ils sont; tout comme la mort n’a aucun rapport avec nous puisque nous sommes vivants, de quelle façon ce quiest non-vie pourrait-il affecter ce qui est vie?

- Se dégage alors une autre image du divin, indépendant, tourné vers soi, qui nous libère de l’angoisse et aide à nous orienter: ils apparaissent immortels, non pas comme s’ils traversaient le temps mais plutôt comme s’ils étaient hors du temps. Ils ne dépendent pas de nous et nous-mêmes ne devons pas dépendre d’eux.

-En restaurantdès le début de sa présentation de l’éthique, l’immortalité véritable des dieux qui est à comprendre en dehors de la linéarité temporelle; Epicure rassure l’homme et lui fournit un véritable modèle de ce que nous pourrions être, si nous nous comportions en accord avec cette représentation du divin.

2. La pensée de la mort et des limites
-De même que pour ce qui a été dit des dieux, l’ondira de la mort que, du fait qu’elle est un état qui ne communique pas avec l’état du vivant, elle ne peut être tenue, d’un point de vue physique, pour quelque chose qui pourrait perturber l’organisation de la vie.

-La mort n’est pas le terme de la vie, loin qu’il s’agisse de nier que nous sommes mortels, nous devons refuser de faire de la mort la référence de notre vie et de nos actes. Dece fait, l’idée d’un ultime jugement divin de notre vie disparait: la juste pensée de la mort rejoint ainsi la juste pensée des dieux. L’assimilation de cette analyse nous libère de la pensée de la mort.

II. Le soin conjoint du corps et de l’âme: désirs et plaisir

L’assimilation de ces deux premières leçons de l’éthique épicurienne permet un mode de vie nouveau qui ne reposera plus surla crainte. En effet, éradiquer le trouble de l’âme est la visée majeure d’Epicure. Mais ce renouvellement ne peut être complet si on en reste à un plan théorique concernant seulement les craintes de l’âme. Il faut parvenir à accorder dans une même démarche l’apaisement et de l’âme et du corps.
Dans cette philosophie où la sensation est source de vérité, la question du corps est évidemment...
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