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Géo n° 8 F

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e partenariat euro-méditerranéen (PEM) lancé il y a près de dix ans, en novembre 1995, à Barcelone1, était clairement une initiative intéressante, audacieuse et ambitieuse. Une initiative intéressante par le fait de rassembler, à l’origine, les quinze pays membres de l’Union européenne (UE) et douze pays méditerranéens au sein d’une dynamique communeet partagée. Ensuite, une initiative audacieuse car le partenariat visait à aborder de front trois catégories de questions (les aspects politique et de sécurité, économico-financier et socio-culturel) et de proposer ainsi une approche globale tant au niveau des pays concernés que des thématiques abordées. Enfin une initiative ambitieuse car le partenariat se fixait des objectifs vastes, dans uncontexte marqué par une grande diversité de situations tant au Nord qu’au Sud de la Méditerranée2.

L

LE PARTENARIAT EURO-MEDITERRANEEN Dix ans après, quel bilan politque ?
Professeur Amine AIT-CHAALAL *

1. Les faiblesses de départ du partenariat
Dix ans après son lancement, qu’en est-il ? Le bilan est mitigé. D’un côté, des réalisations concrètes ont été accomplies. De l’autre côté, denombreuses faiblesses ont provoqué insatisfactions et déceptions. Ce constat réaliste est d’ailleurs effectué avec franchise par tous les protagonistes et observateurs lucides du partenariat. En termes modérés et mesurés, les documents émanant de diverses instances, notamment communautaires, confirment ce constat3. Pour des raisons de clarté et de cohérence, nous nous concentrerons sur les aspectsrelatifs au volet politique et de sécurité. Sur ce volet, les aspects de faiblesses priment sur ceux des réalisations. Cette situation n’est
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Géostratégiques n° 8 - Juillet 2005

cependant pas la conséquence d’un fâcheux et regrettable concours de circonstances. Au-delà des évolutions parfois tragiques del’actualité, cette situation résulte aussi largement d’une série de facteurs qui relèvent à la fois de la conception, de la mise en œuvre et des perspectives de ce partenariat de part et d’autre de la Méditerranée. Tout d’abord un élément frappe, dès 1995, dans la conception de ce partenariat : sa significative hétérogénéité. En effet, face à l’ensemble relativement cohérent et structuré constitué parl’Union européenne, on a effectué de l’autre côté à un curieux « collage »: des pays maghrébins (Algérie, Maroc, Tunisie), des pays du Machrek (Egypte, Liban, Jordanie, Syrie), des pays membres du Conseil de l’Europe, Chypre et Malte, qui ont entre-temps adhéré à l’Union européenne et qui ont donc changé de statut, un pays membre de l’OTAN et du Conseil de l’Europe, la Turquie, qui est engagé dans unevolonté d’intégration européenne, ainsi que l’Autorité palestinienne et Israël. La cohérence de cet « ensemble » paraît globalement fragile. Dès lors, intégrer dans cette catégorie fourre-tout des pays aussi variés, aux intérêts si différents, dont les objectifs sont multiples et non concordants et dont les perspectives d’évolution future vers l’Union européenne sont disparates, était probablementune tentative assez difficile. En tout état de cause, la cohérence intellectuelle et méthodologique de l’ensemble était discutable. L’élargissement de l’UE de 15 à 25 n’a pas densifié la cohérence de l’ensemble. De plus, l’intérêt dans les deux groupes n’était pas le même selon les pays. Du côté de l’Union européenne, et sans tomber dans les clichés simplificateurs, il est raisonnable de dire queles pays ayant un ancrage méditerranéen sont plus sensibles à ce partenariat que les autres. Dès lors, l’intensité de l’implication est diverse, et, selon les Présidences, l’accent est plus ou moins concret quant à la volonté de faire avancer le partenariat. Que le partenariat ait été lancé à Barcelone ne relève pas de l’heureuse coïncidence. Cependant il ne serait pas rigoureux de dire que...
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