Faut il en finir avec la religion?

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  • Publié le : 2 mai 2011
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Introduction :
La situation contemporaine vis-à-vis de la religion est aujourd’hui très critique. Comme le titre un livre récent Dieu a changé d’adresse. Les observateurs les plus lucides de notre époque l’ont bien compris, nous n’identifions plus aujourd’hui la spiritualité à une religion organisée. Nous pouvons même les opposer. Ainsi le fondamentalisme et l’intégrisme sont des attitudesque nous savons rattacher au sursaut identitaire des religions organisées. Ils ont peu à voir avec un éveil du spirituel et beaucoup à voir avec les luttes des identités culturelles de communautés soudées autour d’un credo. Nous sommes tout à fait préparé à reconnaître que la spiritualité vivante transcende les dogmes, les credo et ne se laisse enfermer dans aucune organisation. La critiquesévère de la religion chez Krishnamurti ou encore chez Aurobindo ou Mère ne nous empêche d’être à même de reconnaître en eux une profondeur spirituelle indéniable.
Car faut-il en finir avec la religion ?

Développement :

I. Faut-il abandonner l'idée de Dieu ?

Nous ne pouvons plus entretenir d’illusion sur les errances de la religion dans l’histoire. Nous savons que l’Eglise a joué et joueencore le jeu du pouvoir. Nous savons qu’elle s’est fourvoyée dans l’obscurantisme, qu’elle est entrée souvent en collusion avec les puissances de l’argent, qu’elle a fait preuve d’un fanatisme criminel. Nous ne pouvons plus guère accepter un dogme et une morale qui ne fonctionnent plus dans notre monde actuel. Nous ne pouvons pas plus accepter la soumission à la transcendance d’un Dieu,vindicatif, capricieux, coléreux et vengeur. Nous ne pouvons admettre un destin de malheur imposé à toute existence, au nom du salut dans un arrière-monde. La mortification de l’ici-bas en vue de l’au-delà, l’asservissement de la personne, la haine de la vie et de la liberté choquent toute personne de bon sens. En tant qu’organisation, la religion est liée dans l’Histoire à l’Etat avec lequel ellepartage le même caractère de tendre à l’encadrement excessif de l’individualité vivante. L’Histoire nous montre que, dans un cas comme dans l’autre, la puissance d’une idéologie maintient un état de passivité et de dépendance. dossier. La critique de la religion a montré sans difficulté que le danger qu’elle comporte est de présenter l’ignorance comme confortable et d’incliner les hommes à larésignation. Le fatalisme se fonde sur des illusions, mais des illusions qui ont la peau dure. Et que la religion peut faire durer. Etre libre, c’est être responsable et devoir s’assumer par soi-même et s’il est un reproche que l’on a souvent adressé à la religion, c’est bien de saper par avance l’autorité trouvée en soi-même. De faire douter de nos propre lumières en les opposant à la foi.
Questiondonc, avec Frédéric Lenoir: « Faut-il abandonner l’idée de Dieu, renoncer à toute quête de l’absolu puisque les religions en donnent souvent un visage si cruellement humain ? Non. Car si la religion est culturelle et collective, la foi et la recherche de sens sont éminemment universelles et individuelles. Un mot permet de bien distinguer la religion communautaire de cette quête personnelle : laspiritualité. Croyant ou non, religieux ou non, nous sommes tous plus ou moins touchés par la spiritualité, dès lors que nous nous demandons si l’existence à un sens, s’il existe d’autres niveaux de réalité ou si nous sommes engagés dans un authentique travail sur nous-mêmes ».
Ce texte n’est pas original. Il est l’expression d’une prise de conscience très largement partagée. Ce que lessociologues ne semblent pas bien comprendre, c’est justement que le sérieux impliqué dans la spiritualité n’a rien à voir avec ce narcissisme conformiste de la société de consommation qu’ils qualifient de « postmoderne ». Il en est bien plutôt la subversion systématique. Pratiquer l’amalgame entre spiritualité et religion est donc une aberration. Comme de mettre dans le même sac, l’intégrisme, le...
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