Histoire sociale de 1848 914

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  • Publié le : 7 décembre 2010
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La France et les Français
Histoire sociale de 1848 à 1914


La paysannerie
au milieu du XIXe siècle

Introduction
Depuis la révolution française jusqu'au milieu du XIXe siècle, la paysannerie française doit faire face à de nombreux problèmes. On assiste à une lente révolution agricole. Ses effets se font sentir très progressivement. On a donc une sensation d'immobilisme dans lescampagnes, même s'il existe de fortes disparités régionales. Mais la France du premier XIXe siècle est majoritairement paysanne. Cette société paysanne cumule plusieurs problèmes. Il y a d'un côté les problèmes hérités de l'Ancien Régime, de l'autre ceux de la société industrielle en formation.
Dans la première moitié du XIXe siècle, on distingue deux France paysannes. L'une profite des progrès agricoles; elle est située essentiellement dans le nord et le bassin parisien. L'autre reste archaïque. Elle continue à utiliser des méthodes ancestrales. Elle doit aussi faire face à une surpopulation. Elle est située dans l'ouest, le sud et le sud-est.
Le monde paysan, au XIXe siècle, doit se libérer de l'exploitation féodale. Mais cette évolution se fait aux dépends de la paysannerie pauvre. Cespaysans sont appelés les « paysans parcellaires » quand ils ne possèdent qu'une toute petite parcelle de terre, ou les paysans sans terre quand ils n'en ont pas. Ils vont chercher à défendre leur droit à l'existence. Mais ce droit à l'existence est étroitement lié à l'agriculture traditionnelle fondée sur les « droits d'usage » (cf. § I2) comme le « glanage ». Le glanage est une pratique très ancienne(elle est évoquée dans l'Ancien Testament) pratiquée par les pauvres. C'est le ramassage des épis (de blé, d'avoine, d'orge...) restant dans les champs après la moisson.
La question que l'on se posera est de savoir dans quelle mesure la pratique du glanage reflète à merveille les contradictions d'un monde agricole qui hésite encore entre archaïsme et modernité.
Dans une première partie, nousverrons que l'économie agraire traditionnelle persiste dans de nombreuses régions françaises. Nous analyserons ensuite les tensions sociales et les mesures prises pour éviter tout débordement.

I) Résistance d'une économie agraire traditionnelle
1) Les modes de faire-valoir
Les terres sont cultivées selon plusieurs modes d'exploitation (ou de « faire-valoir ») : le métayage, le fermage et lefaire-valoir direct. Le « métayage » est un système de location où l'exploitant remet une redevance de 50% en nature (souvent en céréales) au propriétaire des terres. Le « fermage » est un système de location où l'exploitant remet une somme en argent au propriétaire. La situation des métayers est bien plus contraignante que celle des fermiers.
Les régions traditionnelles. Dans le texte de Balzac(dont l'action se situe dans l'Yonne), nous sommes dans une région qui pratique l'agriculture traditionnelle. La majorité sont des petites et moyennes exploitations. Dans ces régions traditionnelles, on pratique la jachère et on moissonne à la faucille (pas même encore à la faux). La hiérarchie sociale est très visible. D'un côté, il y a les paysans pauvres (parcellaires) et les journaliers (payés àla journée). De l'autre, il y a les nobles propriétaires et les bourgeois ruraux. Ces propriétaires rentiers ne vont donner que des locations courtes. Ils utilisent plus particulièrement le métayage, ce qui n'incite guère aux innovations. La situation de surpopulation contribue à renforcer la position des « bailleurs ».
Les régions d'openfield. Cette France traditionnelle s'oppose à une Francemoderne des régions d'« openfield » (par exemple, la Beauce). Là, se trouve une agriculture capitaliste en développement où dominent les moyennes et les grandes propriétés ainsi que le fermage. Ces régions sont ouvertes aux progrès agronomiques. La batteuse et la faucheuse mécanique vont commencer à être utilisées.

2) Persistance des droits collectifs (ce qu'on appelle les « droits d'usage »)...
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