Histoire syndicalisme suisse

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  • Publié le : 24 novembre 2011
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1 Un résumé de l’histoire des syndicats en Suisse

Plan

L’apparition des premiers syndicats 1
L’élaboration des structures 2
Vers une organisation spécifique 3
Organisations de classe et lutte des classes 4
Le tournant du siècle et la grève générale 5
Partenariat social et intégration politique 6
Les mouvements syndicaux après la guerre 7
La lutte pour les conditions de travail 8
Labataille pour les assurances sociales 9
En guise de conclusion 9
Que fait un syndicat aujourd’hui? 10
Quels sont les moyens d’action des syndicats ? 10
Les acquis concrets de la convention collective de travail des libraires  que comedia a négocié avec l’asdel et de la convention suisse alémanique négociée avec unia et Payot: 10
Pour aller plus loin : 11

2 L’apparition des premierssyndicats

C’est en 1799 qu’un arrêté du Directoire helvétique autorise l'établissement de la première filature mécanique. La révolution industrielle, qui va faire passer une société fondée sur l’agriculture et l’artisanat à une société fondée sur le commerce et l’industrie (la production en série et le travail à la chaine), se met en marche en Suisse. La Suisse devient ainsi un des premiers pays àsuivre l'Angleterre sur la voie du machinisme.
Pourtant la Suisse n’a que peu de raisons de s’y lancer et peu d'atouts pour le faire. Le sol et le sous-sol ne disposent pas de richesses naturelles : à part l'eau, il y a peu de matières premières. Le territoire est exiguë. Et, jusqu'au XVIIIe siècle, l'économie suisse est essentiellement basée sur l’agriculture (les paysans, pauvres en majorité, sontsoumis financièrement à l'Etat et aux seigneurs ou notables locaux); l’artisanat urbain (les métiers, sont strictement organisés dans le cadre des corporations et les compagnons formeront (avec les travailleurs à domicile de la campagne) l’une des deux principales sources du prolétariat suisse; seulement quelques villes commerciales (Zurich, Bâle, Genève, etc.); les revenus du mercenariat (auxXVIe et XVIIe siècles, 900'000 mercenaires suisses sont morts sur des champs de bataille étrangers); enfin le travail à domicile à la campagne, seconde racine du prolétariat, qui remplace en partie le mercenariat comme source d'emploi accessoire. Il n'y a en effet pratiquement pas eu en Suisse de développement important du stade manufacturier comme étape précédant la fabrique. En Suisse romande (duJura à Genève), le travail à domicile est surtout consacré à l'horlogerie, importée par les familles des réfugiés huguenots, en Suisse orientale et dans la région de Saint-Gall, on pratique la filature et le tissage du coton, de la soie et du lin.

L’apparition du mouvement syndical est une conséquence de l’industrialisation, mais ce ne sont pourtant pas les premiers travailleurs de l’industrie(c’était alors des ouvriers à domicile) qui lancèrent le mouvement, mais des compagnons artisans. C’est la transformation de leur métier qui passe d’identité de classe au salariat, qui les pousse à reformuler leur appartenance et les fait mettre en place les premières structures organisationnelles. Le monde ouvrier est scindé entre les ouvriers et les compagnons et l’industrialisation va les fairebasculer dans une même condition de salariés. Les ouvriers de l’industrie où des familles entières travaillent à domicile à filer du lin, de la laine ou du coton en plus du travail journalier au champs, sur le même modèle d’autres travaillent pour l’industrie horlogère (160’000 personnes en 1860 à domicile dont 55 à 60’000 personnes dans l’horlogerie). Les filatures s’installent peu à peu, lamain-d’œuvre y est presque à égalité féminine et masculine (première statistique des fabriques en 1882 65’000 ouvrière et 70’000 ouvriers). Le travail en fabrique va faire intervenir les horaires et la régularité, mais aussi l’obéissance hiérarchique, la bonne moralité, l’hygiène… Les compagnons artisans travaillent eux dans la construction où perdent petit à petit la faculté de devenir maître car...
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