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Colonel Guillamo armée de terre / France

LA COOPERATION FRANCO-ESPAGNOLE DANS LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME DE L’ETA
La proximité géographique et affective des deux pays rend la France et les Français particulièrement sensibles aux événements heureux ou malheureux qui affectent le peuple espagnol, comme celui de la trêve annoncée par l’ETA le 15 mars 2006. Nul n’ignore en France le problèmedu terrorisme nationaliste basque, né en Espagne il y a plus de trente ans. Depuis le début des années 1970, l’Espagne a régulièrement fait l’objet d’attaques terroristes sur son territoire du fait principalement de l’ETA1. Outre les 192 morts du 11 mars 2004 attribuée à l’extrémisme islamiste, 900 morts dus à la bande terroriste sont à déplorer dans ce pays à ce jour. L’Espagne est avec la Francele pays d’Europe le plus affecté par le terrorisme depuis 1995. La coopération franco-espagnole dans la lutte contre le terrorisme basque a commencé bien avant que les terribles attentats terroristes à New York et Washington le 11 septembre 2001 fassent subitement prendre conscience à la communauté internationale de la grave menace que fait peser aujourd’hui le terrorisme sur les sociétés libresDepuis près de vingt ans, la coopération policière et judiciaire francoespagnole n’a cessé de se renforcer pour devenir un modèle du genre. Elle se réalise au travers d’un travail quotidien des magistrats et des policiers français et espagnols, de sorte que ceux qui planifient, financent ou commettent des actes de terrorisme soient poursuivis et traduits en justice. Le constat L’ETA depuis sanaissance il y a plus de quarante-sept ans, le 31 juillet 1959, continue d’exister malgré les changements considérables qu’a connus la société espagnole depuis l’avènement de cette organisation terroriste. Elle a évolué aussi bien dans ses structures opérationnelles et techniques que dans la stratégie politique. L’annonce par l’ETA début 2006 d’un « cessez le feu permanent » et l’amorce
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d’unenégociation politique sont le résultat du démantèlement régulier des appareils militaires, logistique et de formation étarras. Depuis 2003, on assiste en France notamment à une désarticulation de plus en plus rapide des commandos, ce qui a mis la bande terroriste au plus bas. Cela n’a pas empêché l’ETA de perdurer et de se régénérer, même si la qualité du recrutement n’y est plus. Son évolution estallée depuis l’abandon de la stratégie originelle, qui consistait à provoquer une insurrection populaire comme moyen pour parvenir à ses fins, à la conviction que cet objectif était utopique et donc inaccessible. Ce constat l’a amené à redéfinir une nouvelle ligne idéologique, l’Alternative KAS2 qui, bien que poursuivant les mêmes buts, reconnaissait l’impossibilité d’une victoire militaire surl’Etat espagnol, ce qui l’obligeait à recourir au développement d’une nouvelle stratégie afin d’accentuer l’effet déstabilisateur de son action. La nouvelle stratégie de l’ETA d’un abandon des attentats et d’une ouverture d’un dialogue politique se traduit par un éventail plus large d’activités. Elle passe par une mobilisation des divers secteurs favorables de la société basque au moyen de militants desdifférents collectifs qui appartiennent à sa mouvance, par un meilleur équilibre entre le politique et le militaire et par des actions continuelles de troubles à l’ordre public : la kale borroka3. Les importants changements sociaux intervenus en Espagne au cours de ces dernières années ont fait prendre conscience à l’organisation terroriste qu’elle n’est pas représentative d’un secteurmajoritaire d’Euskadi4, même si elle se considère comme l’élément catalyseur et l’auteur de progrès obtenus, notamment l’octroi par la constitution espagnole de 1978 d’une très large autonomie au gouvernement régional basque. Le recrutement traditionnel de

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ETA : Euskadi Ta Askatasuma, Pays basque et liberté.

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Comité patriotique socialiste. « Violence de rue » en basque. Pays basque....
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