Jankelevitch - la morale

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  • Publié le : 12 novembre 2011
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La conscience est-elle un obstacle au bonheur ? La morale permet-elle le plaisir ? Bonheur et morale sont-ils compatibles ? Le plaisir est-il durable ?
La thèse de Jankélévitch s’exprime dans l’idée qu’avoir conscience de notre bonheur nous empêche d’être heureux. En effet, pour lui, la conscience joue un rôle révélateur de l’imperfection de nos plaisirs soit car il est forcement limité dans letemps soit parce que on le considère insuffisant.
Tout d’abord, le philosophe s’intéresse à la morale et à son rôle dans la transformation des évidences en problèmes et à sa fonction objective due à la réflexion, au recul par rapport aux plaisirs. La deuxième partie du texte traite davantage le caractère fugace des plaisirs et l’impact de la conscience sur leur durée.

La morale appartient à lapartie pratique de la philosophie, elle concerne donc le domaine de l’action. Elle est constituée par l’ensemble de règles, lois, normes d’action en matière de conduite domaine. Elles permettent de définir les critères du bien et du mal. Ces lois sont universelles, c’est à dire communes à tous les hommes, même si certains interdits varient selon les sociétés, et donc respecter ces lois, c’est cequi nous rend humain, ce qui nous différencie des animaux. On dit qu’elle est prescriptive car elle oblige, elle recommande ou interdit certaines de nos actions ou devoirs. La métaphysique c’est la partie de la philosophie qui s’intéresse au réel, à l’être et ses limites. Elle est également une interrogation sur notre connaissance du réel.
Quand Jankélévitch associe la morale à la métaphysique,c’est parce qu’elles ont en commun de « contester des évidences ». Ici il conteste l’évidence morale la plus importante selon lui, c’est celle qui se rapporte au plaisir. On considère que le plaisir contrairement au bonheur concerne les sens et est de courte durée. Jankélévitch nous apprend que la morale a un rôle de « réflexion » par rapport au plaisir : la morale ne va pas adhérer spontanémentaux plaisirs ressentis. Elle va plutôt avoir un mouvement de recul par rapport au moi qui va lui permettre de se détacher des sensations dus au plaisir. Ainsi elle va pouvoir définir plus objectivement le critère bon ou le mal de nos actions sans être influencée par la sensation de plaisir. Le philosophe parle alors de pudeur : ce sentiment est la conséquence de l’apparition de la conscience,c’est une réaction exclusivement humaine. La pudeur est le sentiment qui nous pousse à transformer notre corps et par là rejeter la nature en nous. La conscience c’est ce qui nous différencie des animaux car avec elle on se détache de la nature. Les animaux sont soumis à leur instinct : ils ne respectent pas de règles morales. Quand ils tuent, c’est par nécessite, il n’y a pas de considération du bienou du mal dans leur action. La conscience morale, c’est la faculté qu’à l’homme de connaître sa propre réalité et donc de pouvoir penser, et de juger si nos actions ou nos états sont de l’ordre du bien ou du mal. C'est elle qui fait de l'homme un sujet, capable de penser le monde qui l'entoure. La pensée permet donc de rejeter ou critiquer les certitudes, les évidences. C’est à cause de la pudeuret donc de notre conscience que l’on « «transforme les évidences en problèmes ». Le plaisir étant une évidence et quelque chose de naturel, la pudeur ne peut donc pas l’accepter spontanément. De plus le plaisir est une sensation agréable, qu’on pourrait donc classer parmi le Bien à première vue. La conscience joue son rôle en le rejetant dans un premier temps pour s’assurer de son caractère bon cartous les plaisirs ne relèvent pas du Bien (exemple avec le sadisme). Quand les évidences deviennent problèmes, elles cessent donc d’être des choses allant de soi, pour lesquelles on ne se pose jamais de questions. Ces anciennes évidences peuvent être alors traitées de manière objective car on a supprimé la croyance, le fait d’adhérer naïvement. Elles sont « expulsées de l’esprit » et donc ne...
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