La civilisation des moeurs de norbert elias

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  • Publié le : 13 juin 2011
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La civilisation des mœurs de Norbert Elias

L’œuvre que nous nous proposons d’étudier s’intitule « La civilisation des mœurs ». Son auteur, Norbert Elias est un sociologue atypique. Né en 1897 en Allemagne, à Breslau, ce dernier s’est d’abord orienté vers la médecine puis vers la philosophie avant de s’intéresser à la sociologie. On peut d’ailleurs signaler qu’il fut en 1930 l’assistant de KarlMannheim à l’Institut für Sozialforschung de Francfort. En 1933, il se retrouve contraint de fuir l’Allemagne nazie du fait de son origine juive et trouve exil en Angleterre où il enseignera la sociologie jusqu'à sa retraite. C’est à partir de cet exil forcé qu’il rédigera de 1937 à 1939 à Londres ce qui sera vu tardivement comme une œuvre majeur en sociologie : Uber den Prozess der Zivilization(Sur le processus de civilisation). Publiée une première fois en 1939 à Bâle, en Allemagne, où elle passe totalement inaperçue du fait de la seconde guerre mondiale et de son origine juive, ce n’est que lors de sa réédition en 1969 -toujours dans son pays natal- qu’elle connaitra une large diffusion, recevant notamment quelques années plus tard, lors de sa traduction en France, un accueil plus quechaleureux. Composée de deux parties : « La civilisation des mœurs » et « La dynamique de l’occident », c’est donc sa première partie que nous nous proposons d’étudier ici. Pour cela nous allons tout d’abord tenter de comprendre sa méthode avant de synthétiser ses idées et concepts et enfin pour conclure nous nous intéresserons aux nouveaux rapports qu’il a mis en place entre sociologie ethistoire.

« La civilisation des mœurs » est un livre rare dans le sens où il analysera en même temps des périodes étendues (du Moyen Age au XXe siècle) et se concentrera sur un siècle en particulier (le XVe siècle). Il se permettra aussi d’étudier la société occidentale dans son ensemble et quelques uns de ces acteurs (bourgeois, aristocrates ou chevaliers). Il fait donc un va et vient ininterrompuentre général et particulier durant tout le livre. Un autre point est à noter. En effet, Elias n’a pas une argumentation linéaire, c'est-à-dire qu’il ne part pas au début de l’œuvre sur une observation pour arriver à la fin à une conclusion. Ses idées et concepts sont répétés et reformulés à plusieurs reprises. Ils les utilisent ainsi, dans différents exemples pour prouver leur véracité. Plus qu’ilexplicite une démarche intellectuelle, il nous donne l’impression de devoir convaincre le lecteur. Cela pourrait peut-être être attribué au fait que son œuvre est d’un tel avant-gardisme qu’il se sente comme obligé de s’en justifier. La démarche émise par Elias repose aussi sur le principe de comparaison. Ainsi il opposera par exemple la culture française du Moyen Age aux cultures des périodessuivantes ou encore la culture française à la culture allemande. Ceci dans le but de nous faire comprendre que ce qui peut nous sembler naturel ne l’est pas obligatoirement pour quelqu’un qui a une culture différente. Mais nous reviendront sur ce point ultérieurement. Pour finir nous pouvons remarquer que cet ouvrage prend appuis sur de nombreux textes anciens puisque l’étude d’une époque passée nepeut se faire que sur des archives et qu’il entamera donc une démarche à la fois historique mais aussi anthropologique et sociologique de ces œuvres. Matières qu’il arrive à concilier ingénieusement et ainsi à nous démontrer qu’elles sont loin d’être incompatibles, élément que nous détaillerons plus par la suite.

La première partie de cet ouvrage porte sur la comparaison des concepts de «culture » et de « civilisation » entre l’Allemagne et la France. Il s’agit aussi de replacer ce débat dans son contexte. En effet, sa rédaction est à situer à l’entre-deux guerres.
Ainsi en Allemagne le concept de « culture » renvoie à l’orgueil national ressenti face aux réalisations intellectuelles ou artistiques et donc revêt une tendance à la délimitation. La notion de civilisation, quant à...
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