La crise

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  • Publié le : 17 avril 2010
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Travail de fin de cours: La crise, et apr`s; J. e Attali
Ann´e 2008-2009 e

Matieu Latiers, 1 MA ING MI Approche philosophique des cultures et des soci´t´s ee

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L’objet de ce livre[1] est d’expliquer cette myst´rieuse crise aussi simplee ment que possible, de sorte de ne pas recommencer. Cette premi`re crise financi`re de la mondialisation s’explique tr`s largee e e ment parl’incapacit´ de la soci´t´ am´ricaine a fournir des salaires d´cents e ee e ` e aux classes moyennes ; elle pousse alors celles-ci ` s’endetter pour financer a l’achat de leur logement, entraˆ ınant une croissance de la valeur des patrimoines et de la production. Les institutions financi`res et les initi´s qui e e les animent s’octroient l’essentiel de la richesse ainsi produite sans courir le moindre risque,grˆce ` la titrisation (Collateralized Debt Obligations) et a a a une pseudo-assurance (Credit Default Swap) ; ce qui permet, en retour, ` une croissance de l’endettement qui finit par devenir intol´rable et entraˆ e ıner panique, perte de confiance et fuite devant toute dette. Voil` qui pourrait a d´boucher prochainement sur une d´pression plan´taire ou, au contraire, e e e constituer le point ded´part d’une formidable croissance harmonieuse. Cellee ci supposerait la r´duction r´elle des endettements et non, comme on s’y e e pr´pare, leur transfert exclusif sur les contribuables. Elle exige surtout de e r´´quilibrer a l’´chelle de la plan`te le pouvoir des march´s par celui de la ee ` e e e d´mocratie, en commen¸ant par une meilleure r´gulation des march´s finane c e e ciers. Selonl’auteur, la crise actuelle s’explique simplement : si le march´ est e le meilleur m´canisme de r´partition des ressources rares, il est incapable de e e cr´er par lui-mˆme l’´tat de droit dont il a besoin, ni la demande n´cessaire e e e e au plein usage des moyens de production. Pour qu’une soci´t´ de march´ ee e fonctionne efficacement, il faut a la fois qu’un ´tat de droit garantisse le ` e droit depropri´t´, impose le maintien de la concurrence, et cr´e une deee e mande par des salaires d´cents et des commandes publiques ; ce qui suppose e une intervention politique, dans la r´partition des revenus et des patrimoines. e Faute d’avoir pu imposer cette meilleure r´partition des revenus, on a vu se e ´ d´velopper, depuis vingt ans au moins, en particulier aux Etats-Unis, une e demande nourrie parl’endettement des salari´s, lui-mˆme gag´ sur la valeur e e e des biens achet´s avec cette dette. Pour rendre cet endettement tol´rable, la e e Banque centrale am´ricaine a dˆ baisser les taux d’int´rˆt, fournissant une e u ee nouvelle source d’enrichissement ` ceux qui disposaient des moyens de savoir a comment investir au mieux en s’endettant. Enfin, pour se couvrir contre les risques cr´´s par cesdettes, les institutions financi`res priv´es et les initi´s ee e e e qui les animent ont choisi, pour maximiser leurs gains, de mettre en place des m´canismes d’assurance tr`s complexes (tels le CDS et les rehausseurs e e de cr´dits) et des m´canismes de titrisation plus complexes encore (comme e e les CDOs et les ABS). Cela permet de transf´rer le risque a d’autres banques e ` ou institutionsfinanci`res ` travers le monde et a des investisseurs qui ne e a ` les comprenaient pas. Au premier rang de ces maˆ ıtres des march´s financiers e

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´ et de l’information, les Etats-Unis d’Am´rique. La Chine (par son ´pargne e e pi´g´e dans des bons du Tr´sor am´ricain qu’elle ne peut revendre sans faire e e e e s’effondrer le dollar et d´truire la comp´titivit´ ` l’exportation de son ine e e adustrie) et l’Europe (par son ´pargne pi´g´e dans ses propres banques par e e e la titrisation et l’assurance) financent l’une et l’autre une Am´rique vivant e au-dessus de ses moyens. La crise financi`re mondiale, devenue ´conomique, risque de se transfore e mer en une crise sociale et politique majeure ; des centaines de millions de gens seraient menac´s de chˆmage ; le r´gime politique...
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