La france libre

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  • Publié le : 7 novembre 2010
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De Londres, de Gaulle forme d'abord puis dirige les Forces françaises libres. Le but n'est pas de former une légion de volontaires qui continueraient la lutte aux côtés de l'Empire britannique. Il s'agit de remettre la France en tant que telle dans la guerre contre Hitler, en formant une armée et un contre-État doté de tous les attributs de souveraineté et légitimité, et qui se donne une baseterritoriale en ralliant les territoires français de l'Empire colonial, future plate-forme de la reconquête.

Dès le début de l'été 1940, à partir de presque rien et assisté de quelques volontaires, de Gaulle jette ainsi les bases d'une marine (FNFL), d'une aviation (FAFL), de forces terrestres (FFL), d'un service de renseignements (le BCRA du colonel Passy, vite actif en métropole). La Croix deLorraine proposée par l'amiral Muselier[37],[Note 4],[38], devient son emblème. Les statuts juridiques de la France libre et ses rapports avec le gouvernement anglais sont fixés par le juriste René Cassin. La France libre a bientôt sa banque, son journal officiel, ses décorations - le Général fonde l'Ordre de la Libération à Brazzaville dès octobre 1940, pour honorer ses « compagnons ». Des comitésfrançais libres actifs dans le monde entier se constituent et tentent de rallier à de Gaulle les Français de l'étranger, les opinions et les gouvernements[39].
De Gaulle et le gouverneur-général Félix Éboué au Tchad vers la fin 1940.

En France, de Gaulle est condamné par contumace d'abord à quatre ans de prison et la perte de la nationalité française[40], puis, le 2 août 1940, le Tribunalmilitaire de Clermont-Ferrand le condamne par contumace à « mort, dégradation militaire et confiscation de ses biens meubles et immeubles » pour « Trahison, atteinte à la sûreté extérieure de l'État, désertion à l'étranger en temps de guerre sur un territoire en état de guerre et de siège ». En Grande-Bretagne, il trouve en revanche le soutien de Winston Churchill, mais aussi celui du Parlement, de lapresse et de l'opinion publique, reconnaissantes au gallant French d'être resté aux côtés du pays au pire moment de la menace allemande. Cet appui, comme celui de l'opinion américaine, se révélera un atout très précieux lors des tensions avec Londres et Washington[41].

Obtenant le ralliement de plusieurs possessions coloniales françaises, notamment en Afrique grâce au ralliement rapide dugouverneur Félix Éboué (le 28 août le Tchad, le Congo et le Cameroun, le Gabon étant conquis dans le mois de novembre 1940), de Gaulle se place à la tête du Comité national français à partir du 24 septembre 1941. Mais il fait surtout en sorte que la France reste présente dans le camp allié, par ses Forces françaises libres (FFL) qui continuent le combat sur les différents fronts. En outre, à partir de1941-1942, il stimule et obtient le ralliement de la résistance intérieure, grâce au colonel Passy, à Pierre Brossolette et à Jean Moulin. Le 13 juillet 1942, le Comité national français propose au gouvernement britannique, qui l'accepte, de changer l'appellation officielle du mouvement France libre en France combattante, afin d'intégrer la Résistance intérieure[42].

Ce ralliement n'allaitnullement de soi : comme l'a noté Robert O. Paxton dans La France de Vichy, en 1940, bien des résistants de gauche refusent de voir dans ce militaire qu'ils croient à tort proche de l'Action française un chef convenable, et beaucoup de résistants de droite lui reprochent sa dissidence explicite avec Vichy — à moins qu'ils ne préfèrent, comme Marie-Madeleine Fourcade, n'avoir de relations qu'avec lesservices secrets britanniques. Selon Jean Pierre-Bloch, Christian Pineau, Henri d'Orléans (« comte de Paris ») et même le gaulliste Pierre Lefranc, le ralliement à la République n'aurait d'ailleurs été que tactique.
Charles de Gaulle prononçant un discours - Cherbourg, août 1944.

Dès 1940, de Gaulle n'aura de cesse que soient protégés les intérêts de la France, dans la guerre et après le...
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