La politique

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Le politique.
Cours général, E.

Place Tien an men
1989.
Table des matières

1. Définitions. 3

1. Qu’est-ce que le politique ? 3

II.le cosmopolitisme 3

2. Le détournement du pouvoir. 4

A) Le novlangue d’Orwell. 4

B) LaRhétorique de Gorgias 5

C) La réponse de Platon. 5

3. Fonder l’Etat. 6

A) Abandonner l’usage privé de laforce. 6

B) La liberté du peuple souverain. 7

4. La démocratie comme Etat idéal ? 8

A) Critique platonicienne de la démocratie. 8

B) Le problème de l’égalité. 9

C) La région propre de la liberté humaine. 10

D) Une société insaisissable ? 10

5. Les ambiguïtés de la politique. 11

A) Le progrès des libertés individuelles ? 11B) Examen du pouvoir démocratique. 12

C) L’animal politique. 13

D) L’efficacité et la légitimité. 14
1. Définitions.

1. Qu’est-ce que le politique ?
Toutes les explications et tous les débats sur l'essence de l'État et du politique ne peuvent que sombrer dans les confusions tant que dominera cette représentation très répandue, qui veut qu'il y ait une sphère politique avecun contenu spécifique à côté d'autres sphères. Il est d'ailleurs facile alors de pousser à l'absurde l'État en tant qu'unité politique, et de le réfuter de fond en comble. En effet, que reste-t-il de l'État en tant qu'unité politique si l'on soustrait tous les autres contenus, le religieux, l'économique, le culturel, etc. ? Si le politique n'est que le résultat d'une telle soustraction, il équivauten fait pratiquement à zéro.

Mais là précisément réside le malentendu. Il est exact que le politique ne désigne que le degré d'intensité d'une unité. Dès lors, l'unité politique peut prendre et rassembler en soi des figures diverses. Mais elle indique toujours le degré d'unité le plus intense, à partir d'où se définit aussi la distinction la plus intense, la discrimination entre ami et ennemi.L'unité politique est unité suprême, non du fait qu'elle dicte souverainement ou qu'elle nivelle toutes les autres unités, mais parce qu'elle décide et qu'au sein d'elle-même, elle est capable d'empêcher tous les autres groupements sociaux opposés de se dissocier jusqu'à l'antagonisme extrême (c'est-à-dire jusqu'à la guerre civile). Là où elle est présente, les conflits sociaux entre individus etgroupes sociaux peuvent faire l'objet d'une décision, de telle sorte qu'un ordre, c'est-à-dire une situation normale, est établie. L'unité la plus intense est ou présente ou absente; elle peut se dissoudre, et alors se défait l'ordre normal. Mais elle sera nécessairement unité, car il n'y a pas de pluralité dans les situations normales, et, à coup sûr, tant qu'elle est tout simplementsubsistance, c'est d'elle qu'émane la décision. Tout groupe social, peu importe sa forme et son contenu, devient politique pour autant qu'il est associé à la décision ou même qu'il concentre en lui la décision. Du fait que le politique ne possède pas de substance propre, on peut franchir l'étape du politique à partir de n'importe quel secteur, et tout groupe - Église, syndicat, association économique, nation- devient politique et donc étatique quand il se rapproche de ce point d'intensité suprême. Cette unité se nourrit de ses contenus et de ses valeurs l'unité politique, qui vit des différents secteurs de la vie et de la pensée humaines et tire son énergie de la science, de la culture, de la religion, du droit et du langage. Toute vie humaine, y compris celle des sphères spirituelles les plushautes, a dans ses réalisations historiques, au moins potentiellement, un État au-dessus d'elle, État qui tire sa force et sa puissance de ces substances, exactement comme l’aigle mythique de Zeus qui se nourrit des viscères de Prométhée.

Carl Schmitt, Parlementarisme et Démocratie IV (1930)

II.le cosmopolitisme
Le problème de l'établissement d'une constitution civile parfaite est lié au...
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