La poularde et le chapon

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Introduction

L’apologue est un moyen privilégié pour moraliser, et ce qu’il prenne la forme d’une fable, d’un conte, ou même d’un dialogue comme c’est le cas pour celui du chapon et de la poularde. Dans l’extrait que nous en allons étudier, l’auteur, Voltaire, démontre, dans un but moralisateur, l’absurdité de la conduite des hommes, de leurs traditions, et en profite pourrailler la religion et ce qui s’y rapporte.
Lecture du texte

Texte complet du Dialogue du Chapon et de la Poularde

LA POULARDE

Que la gourmandise a d’affreux préjugés ! J’entendais l’autre jour, dans cette espèce de grange qui est près de notre poulailler, un homme qui parlait seul devant d’autres hommes qui ne parlaient point ; il s’écriait que « Dieu avait fait un pacte avecnous et avec ces autres animaux appelés hommes ; que Dieu leur avait défendu de se nourrir de notre sang et de notre chair ». Comment peuvent-ils ajouter à cette défense positive la permission de dévorer nos membres bouillis ou rôtis ? Il est impossible, quand ils nous ont coupé le cou, qu’il ne reste beaucoup de sang dans nos veines ; ce sang se mêle nécessairement à notre chair; ils désobéissentdonc visiblement à Dieu en nous mangeant. De plus, n’est-ce pas un sacrilège de tuer et de dévorer des gens avec qui Dieu a fait un pacte ? Ce serait un étrange traité que celui dont la seule clause serait de nous livrer à la mort. Ou notre créateur n’a point fait de pacte avec nous, ou c’est un crime de nous tuer et de nous faire cuire, il n’y a pas de milieu.

LE CHAPON

Ce n’est pas la seulecontradiction qui règne chez ces monstres, nos éternels ennemis. Il y a longtemps qu’on leur reproche qu’ils ne sont d’accord en rien. Ils ne font des lois que pour les violer et, ce qu’il y a de pis, c’est qu’ils les violent en conscience. Ils ont inventé cent subterfuges, cent sophismes pour justifier leurs transgressions. Ils ne se servent de la pensée que pour autoriser leurs injustices, etn’emploient les paroles que pour déguiser leurs pensées. Figure-toi que, dans le petit pays où nous vivons, il est défendu de nous manger deux jours de la semaine : ils trouvent bien moyen d’éluder la loi ; d’ailleurs cette loi, qui te parait favorable, est très barbare ; elle ordonne que ces jours-là on mangera les habitants des eaux : ils vont chercher des victimes au fond des mers et des rivières.Ils dévorent des créatures dont une seule coûte souvent plus de la valeur de cent chapons : ils appellent cela jeûner, se mortifier. Enfin je ne crois pas qu’il soit possible d’imaginer une espèce plus ridicule à la fois et plus abominable, plus extravagante et plus sanguinaire.

Annonce des axes

En premier lieu, nous analyserons les longues tirades et nous pourrons observer les moyensmis en œuvres par le philosophe pour révéler toute l’ineptie du genre humain, des institutions religieuses et de leurs lois.
Ensuite, nous montrerons qu’à travers ce blâme, Voltaire veut surtout transmettre une leçon de morale.

Analyse méthodique

I - Les moyens pour révéler l’ineptie du genre humain, des institutions religieuses et de leurs lois

Sous la forme d’un...
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