Le contrat social- rousseau

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  • Publié le : 9 mai 2010
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Présentation du Contrat social
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Introduction.

Plusieurs facteurs viennent compliquer la lecture du Contrat social. D'abord, de façon un peu paradoxale, l'élégance du style : Rousseau évite au maximum l'aridité technique propre à la langue philosophique ou au vocabulaire juridique, mais l'apparente fluidité de son écriture tend à distraire l'attention du lecteur, et masque uneargumentation pleine de subtilité et de rigueur.
De tous les écrits rousseauistes ensuite, le Contrat social est sans doute le texte où l'abstraction théorique atteint son niveau le plus élaboré. Si Rousseau rédige en écrivain, il pense en géomètre, et ses raisonnements atteignent souvent un degré d'abstraction élevé et manifestent une complexité difficile à dénouer.
Enfin le texte du Contrat social metconstamment en perspective, les conceptions de nombreux penseurs politiques. Or, la plupart du temps, les références demeurent implicites. Si un lecteur éclairé du XVIIIe siècle pouvait sans trop de peine, saisir les allusions à Hobbes, à Pufendorf, à Grotius ou à Locke, elles échappent la plupart du temps à un lecteur du XXe siècle, d'autant que les textes impliqués sont, de nos jours parfoisdifficiles à se procurer. C'est du même coup la problématique même des thèses de Rousseau qui se trouve ainsi occultée.
Le but de cette présentation est de mettre en évidence cet arrière plan théorique et culturel sur lequel s'érige la pensée politique de Rousseau.

I – Les antécédents historiques de l'ouvrage

1 - Les limites de l'influence genevoise:

Le Contrat social paraît en 1762 aprèsde longues années de maturation et de travail. L'ouvrage - sous titré Principes du droit politique - constitue en fait la partie d'un tout aujourd'hui perdu, sans doute jamais achevé par son auteur, et qui devait s'appeler Institutions Politiques.
C'est en se penchant sur les institutions de la Cité de Venise où il résidait en 1744 comme secrétaire d'ambassade, que Rousseau reconnaît avoiréchafaudé le projet de son traité politique. : "Il y a treize ou quatorze ans - écrit-il dans ses Confessions - que j'en avais conçu la première idée lorsqu'étant à Venise j'avais eu quelque occasion de remarquer les défauts de ce Gouvernement si vanté."
Or on sait que Rousseau a quitté la Suisse en 1728 à l'âge de Seize ans, et qu'il n'est véritablement devenu citoyen genevois qu'en 1754. Jean-JacquesRousseau n'a donc pas résidé en Suisse durant les années décisives de l'élaboration de sa pensée. En outre il n'est pas juriste de formation, et ne connaît que de manière très approximative les institutions de son pays natal au moment où il rédige le Contrat social. Il ne faut donc pas prendre Rousseau au pied de la lettre lorsqu'il rédige la dédicace de son Discours sur l'origine de l'inégalité :"A la République de Genève", ou qu'il se flatte, dans le Contrat social d'être : "Né citoyen d'un état libre" ,en se déclarant heureux de trouver dans ses recherches sur les gouvernements : "de nouvelles raisons d'aimer celui de mon pays".
Lorsque Jean-Jacques Rousseau projette de répondre aux Lettres écrites de la campagne (rédigées par le procureur général Jean Robert Tronchin, qui mettent sesthéories en question, il lui faut se renseigner plus à fond sur les institutions de la ville. Il écrit par exemple en 1763, à De Luc : " Je n'ai jamais étudié la constitution de votre République (...), je ne connais de l'histoire de votre gouvernement que ce qui est dans Spon, et je vois que tout ce qui importe est supprimé." Cité par Robert Derathé in : J.J. Rousseau et la science politique deson temps, Vrin (p.13).
Les thèses développées par le Contrat social se sont d'ailleurs révélées si peu en accord avec les institutions genevoises que l'année même de sa parution, l'ouvrage sera condamné à Genève comme il venait de l'être à Paris.
Le gouvernement de Genève était en fait devenu, depuis l’édit de 1712, une oligarchie sous la coupe des 25 membres du Petit conseil. Cette assemblée...
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