Le don de la princesse

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  • Publié le : 15 avril 2011
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Le Don de la Princesse

Il y était une fois, dans une contrée lointaine, une petite princesse qui s’appelait Aurélie, la cadette de ses quatre sœurs. Un jour en plein hiver la petite Aurélie aux yeux bleus et cheveux blonds et bouclés était assise à côte de la fenêtre. Elle poussa un gros soupire, en regardant la pluie tomber sur le jardin du vieux château de son père, le bon roi Sylvestre.Le paysage du royaume s’étendait à perte de vue, une véritable tapisserie de verdure. Deux grosses larmes coulèrent de ses yeux, normalement brillants, mais aujourd’hui, tristes et ternes. Bien qu’elle eût à peine douze ans, elle était une fille sérieuse et sincère.
«  Mes quatre sœurs sont toutes douées, elle se murmura. Moi, je n’ai aucun don particulier pour partager avec les autres. »
Ace moment-là on sonna le dîner. Elle se leva et se dirigea ses pas vers l’escalier étroit qui menait à la grande salle à manger en-dessous. Elle s’égaya en rejoignant la famille pour le grand repas du jour; l’ambiance était conviviale et chaleureuse.
Elle regarda autour d’elle. Hélène, la sœur ainée, belle et charmante, était assise à sa gauche. A vingt ans, elle était déjà cantatricerenommée ; les princes des pays d’alentours voyageaient une grande distance pour l’écouter chanter. Catherine, à sa droite, était très intelligente : elle se distinguait des autres de son âge par ses grandes connaissances en géographie et en sciences. En face d’Aurélie la princesse Agnès discutait heureusement avec son père. Comme danseuse elle était merveilleuse. Il n’y avait pas son pareille dans leroyaume. A côte d’elle était assise Mathilde, jolie avec les lèvres rouges et la peau fraiche comme une rose. Elle était actrice accomplie. Le public hurlait de joie quand elle apparaissait sur la scène.
Aurélie ne parla point pendant tout le repas, en cachant sa tristesse à elle-même, mais aussitôt que son père se fut levé du table, elle courut vers lui et suivit ses pas jusqu’ à son bureauénorme d’à côte. Elle se jeta dans ses bras.
« Papa, cria-t-elle, en fondant en larmes. 
– Mais qu’est-ce que tu as, ma chérie? répondit le roi, frappé de consternation.
– Papa, je n’ai pas de don particulier : rien à partager avec les autres, dit-elle avec chagrin. Je ne sais ni chanter ni jouer ni danser. Je ne suis pas très intelligente non plus. »
Il la regarda avec tendresse.
« Mapetite, tu sais que je t’adore, autant que toutes les autres. Et je suis convaincu que tu possèdes le don le plus précieux de tout. C’est un trésor inestimable. Il faut juste que tu le découvres ».
Aurélie le regarda bouche bée.
« Tu y crois vraiment?
– Sans aucun doute, dit-il. Elle se leva, le grand sourire de nouveau aux lèvres.
– Mais qu’est-ce que ça peut bien être, ce don que je possède?se demanda-t-elle. 
Et comment le découvrir ? »
Le lendemain il faisait très froid. Pendant que les autres filles vaquaient à leurs occupations, Aurélie partit se balader en ville, le sac bourré des cadeaux qu’elle eut préparés à l’avance pour offrir aux certains habitants de la ville. A peine était-elle dans la ville qu’elle vit la vieille boulangère qui sortit de la boulangerie en boitant.« Voici les herbes médicinales promises, Madame, dit Aurélie, en souriant. C’est le remède souverain contre le rhumatisme.
– Que Dieu te bénisse, Mademoiselle, dit la femme. »
En continuant son chemin Aurélie repéra les trois petits gamins de Madame Martin, les mains bleus de froid. Leurs vêtements étaient en lambeaux. Elle savait que c’était une famille miséreuse.
« Voice des chaussettesen laine que j’ai tricotées pour vous, cria-t-elle, en les leur montrant. Et voici des petits pains pour le petit déjeuner. Allez, donnez-les à votre mère. »
A la place centrale elle rencontra le vieux veuf Dumon, assis tout seul sur un banc, les épaules voûtées, la figure triste.
« J’ai ramassé ces marguerites pour vous, Monsieur Dumon. C’est pour égayer la maison. 
– Son visage éclaira....
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