Le roman

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  • Publié le : 12 décembre 2009
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POICHOT Littérature du XVIII° siècle L3,S5
LUDOVIC 04/11/2009

Le roman sentimental a pour objet l’évocation et l’étude des sentiments. Il a pour objectif de peindre l’homme moderne, del’aider à cerner ses désirs, dans un monde où l’autorité cléricale et politique a perdu de sa valeur et est observée.
Derrière le côté sentimental se cache une instruction et une morale . L’auteur combine invention et observation afin d’atteindre son lectorat dans sa perspicacité et sa critique.
Tel est le procédé utilisé par Madame de Charrière avec son œuvre Lettres de Mistriss Henley , ouvrageque nous analyserons et que nous comparerons à La Religieuse de Denis Diderot et aux Lettres d’une Péruvienne de Françoise de Graffigny.
Dans une première partie, nous nous pencherons rapidement sur la vie de Madame de Charrière et sur son œuvre. Dans une deuxième partie, nous étudierons l’intérêt dramatique et esthétique de l’œuvre.
Enfin, dans une troisième partie, nous analyserons les liens et/ ou les oppositions de cette œuvre avec les Lettres d’une Péruvienne et avec La Religieuse.

I- L’auteur et son œuvre

a) Isabelle de Charrière

Isabelle de Charrière (de son vrai nom Isabelle Agneta Elisabeth van Tuyll van Serooskerken van Zuylen) naît en 1740 au château de Zuylen, près d’Utrecht, au Pays-Bas. Sa famille compte parmi les plus nobles de Hollande. A partir de 1748, elle aune gouvernante genevoise, Jeanne-Louise Prevost, qui encourage ses appétits de lecture. Isabelle de Charrière lira Racine, Molière, Corneille, Voltaire, La Fontaine, Bossuet, l’abbé Trublet et s’intéressera aux mathématiques et à la physique.
A l’âge de dix ans, elle est inscrite dans une école à Genève pour bien apprendre le français, alors langue de culture. De retour en Hollande en 1751, ellene se réhabitue pas à son environnement calviniste rigide. Suite à son éducation stricte, habituelle pour des jeunes femmes de noblesse mais en contradiction avec son caractère, elle devient mélancolique et commence à souffrir de maladies nerveuses.
En 1758, elle lit à dix-huit ans, la plume à la main, L’esprit des Lois de Montesquieu.
En 1760, lors d’un bal à Den Haag (= La Haye, à l’époquecentre administratif des comtes de Hollande), elle rencontre David-Louis Constant de Rebecque, seigneur d’Hermanches, un officier marié, de dix-sept ans son aîné. Avec lui, elle entretiendra une correspondance amoureuse pendant quinze ans. En 1761, elle publie anonymement son premier roman en français : Le Noble, qui est une critique des préjugés de la noblesse. A partir de 1770, elle consacrebeaucoup de temps à trouver un mari convenable parce que c’est la seule façon de pouvoir quitter la maison paternelle et d’obtenir une certaine indépendance. Après avoir repoussé bien des prétendants, elle épouse finalement Charles de Charrière de Penthaz, ancien précepteur de ses frères. Ils déménagent à Le Colombier, près de Neufchâtel, en Suisse. Charles de Charrière est issu d’une famille noblepauvre et est connu pour son manque de personnalité. Avec lui, Isabelle s’attend à un mariage tranquille.
Elle prend une part active à la vie mondaine neuchâteuloise, est liée avec le pasteur Chaillet et rassemble autour d’elle un petit cercle cultivé, composé entre autre de Pierre-Alexandre DuPeyrou, avec lequel elle travaille à la mémoire de Jean-Jacques Rousseau.
En 1784, Isabelle commencevraiment sa carrière littéraire : romans, essais, textes politiques et philosophiques… Elle s’essaie aussi à la musique et au théâtre, compose des sonates et des opéras, rédige des comédies.
En 1787, elle rencontre l’écrivain français Benjamin Constant, neveu de Constant d’Hermanches, de vingt-sept ans son cadet, avec lequel elle entretiendra une correspondance suivie qui ne cessera que vers 1794,...
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