Le savoir chez socrate

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  • Publié le : 11 décembre 2011
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Sujet : Que pensez-vous de la formule suivante : « je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien. » Socrate

Philosopher est une quête de la sagesse, une continuelle remise en question. Elle implique la prédominance du doute. A ce propos, Socrate déclare « je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien.» Plus tard, Galilée ira aussi dans son sens en soutenant « plus j’apprends, plus jem’aperçois que je ne sais pas. » Cette question de la connaissance et du savoir est universelle. De tout temps, on s’est posé la question de ce que l’on sait et de ce que l’on ne sait pas. L’affirmation de Socrate est apparemment un paradoxe. Je ne peux pas dire « je ne sais rien » car reconnaître qu’on ne sait rien, c’est indubitablement savoir quelque chose. La connaissance est-elle un savoirencyclopédique par rapport auquel on doit rester humble et reconnaître son ignorance ou bien concerne-t-elle la question philosophique de la condition humaine et de ses grandes énigmes. Que fait-on sur terre ? La vie a-t-elle un sens ? Car à cela, on ne peut pas répondre, on ne sait rien.

Socrate prétend ne rien savoir, mais en fait, il savait quelque chose puisqu’il connaissait son ignoranceet ça, c’est déjà savoir quelque chose. Mais ce quelque chose qu’il savait ne pas connaître, n’a pas de contenu objectif, c’est le savoir du non savoir. Philosopher c’est être à la recherche du savoir, c’est se poser les questions, lesquelles questions sont plus importantes que les réponses. Le savoir, c’est de savoir poser les bonnes questions, mais pas tant de savoir y répondre. A moins devouloir idéologiquement retourner à une époque de non savoir, époque de l’homme originel ignorant, mythe du bon sauvage propre à Rousseau. Auquel cas, le savoir n’est pas absent mais non désiré. On ne peut pas en effet retourner artificiellement à cet état de nature. Dans ce cas, l’homme refuse le savoir par conviction, retourne à l’état de barbarie, mais ne peut pas affirmer ne rien savoir.
Descartesatteste à ce sujet que "C'est proprement avoir les yeux fermés et ne jamais tâcher de les ouvrir que de vivre sans philosopher ».
Par son affirmation « je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien », Socrate pratique en fait l’ironie, qui est une manière intelligente de critiquer les gens qui disent savoir mais sont ignorants, il va déranger les savants « bien pensants » et les plongerdans l’embarras, les faire douter par ses questions comme il le fera aussi dans le Grand Hippias. Cela les amènera à réfléchir, à se poser des questions et donc, à philosopher, comme l’exprime Platon : « l’étonnement (…) c’est le sentiment tout à fait caractéristique du philosophe. »

Popper, des siècles plus tard, formulera que la connaissance passe par la réfutation des connaissances antérieures.C’est comme cela qu’on a longtemps cru que la terre était plate, jusqu’à ce que Copernic réfute cette thèse. Popper affirme à ce propos « est vrai ce qui est réfutable », donc, est vrai ce qu’on peut remettre en question.
Sur un autre plan, il suffit d’ouvrir un dictionnaire pour se rendre compte de son ignorance. Prétendre tout savoir serait d’une folle inconscience tant il est vrai que lemonde des sciences évolue encore et toujours plus vite. Plus on sait de choses, sur n’importe quel sujet que ce soit, plus on peut découvrir l’infini de ce qui nous reste à connaître. Si les philosophes des lumières ont pu au 18ème siècle prétendre écrire une encyclopédie rassemblant toutes les connaissances, ce n’est aujourd’hui plus chose possible, tant les sciences ont évolué rapidement et danstous les domaines. Admettre son ignorance, comme le fait Socrate est alors le signe d’une remarquable sagesse. Il y a tant de choses à connaître que comparé à cet infini, mon savoir ne peut qu’être petit. Je reste donc humble face à cette immensité.

La philosophie a un objectif plus profond que critiquer les faux savoirs des savants. Socrate admet avoir un grand nombre de connaissances, tant...
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