Le vaginisme

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  • Publié le : 18 avril 2011
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Le vaginisme

Introduction

« Le vaginisme est à l’intromission du pénis ce qu’est le clignement de l’œil à la pénétration du moucheron », c’est ainsi que William Saul Kroger[1] défini le vaginisme. Pour être plus précis, le vaginisme consiste en un dysfonctionnement sexuel féminin se manifestant par des contractions involontaires des muscles releveurs de l’anus et entourant le vagin quiempêchent toute pénétration où les rend en tout cas très douloureuses, qu’il s’agisse du coït, de l’intromission digitale, de celle d’instruments lors d’examens gynécologiques…. Si ces contractions surviennent lors de chaque tentative de pénétration, elles peuvent néanmoins se déclencher par la simple pensée d’une pénétration.
Différentes distinctions peuvent être faite entre les cas devaginismes, et même si nous ne pouvons pas toutes les développer ici, certaines méritent d’être introduite. Une première distinction concernant le moment de sa manifestation, avec un vaginisme primaire, survenu dès les premières relations sexuelles, et un secondaire, arrivant après une période où la pénétration était possible. Une deuxième distinction peut être faite concernant, quand à elle, les causes duvaginisme, avec d’un côté des causes physiologiques ou organiques telles que des anomalies liées à l’orifice vaginale (hymen trop épais par exemple), et de l’autre, un vaginisme dit « vrai » d’origine psychogène. Ce sera à ce second vaginisme que nous nous intéresserons dans ce devoir, en examinant de quelle manière la discipline psychologique et ses différents courants ont approché ce phénomène.Quelles sont donc les différentes approches psychologiques du vaginisme et comment sont-elles mobiliser par les praticiens ? Afin de répondre à cette question, nous distinguerons dans notre développement les deux approches majeures du vaginisme, une première dite comportementale qui abordera le point de vue de Masters et Johnson, puis une seconde qualifiée d’approche sexoanalytique qui renverrad’avantage à la méthodologie psychanalytique et à la sexoanalyse telle qu’elle fut développée par Claude Crépault. Pour chacune de ces deux approches, nous verrons successivement la façon donc elles expliquent ce dysfonctionnement et les traitements qu’elles proposent. Finalement, nous étudierons, à travers l’utilisation d’un entretien réalisé avec un sexologue, comment sont mobilisées ces approchesdans le traitement du vaginisme.

I. L’approche comportementale

Comme nous l’avons précisé dans l’introduction, une première approche du vaginisme peut être distinguée, l’approche comportementaliste. Nous l’aborderons, comme nous l’avons également expliqué, en exposant tout d’abord ses bases théoriques, pour ensuite voir les traitements concrètement proposés par cette théorie. Pour cela, nousnous appuierons principalement sur le descriptif des travaux de Masters et Johnson[2] sur le sujet, lesquels sont d’ailleurs les plus connus.
Pour commencer, Masters et Johnson définisse le vaginisme comme étant une phobie, une peur de la pénétration, et ceci est fondamental pour comprendre toute l’approche qu’ils vont développer. Selon eux, les circonstances d’apparition de ces phobies etdonc du vaginisme peuvent être de deux ordres : d’un côté nous retrouvons des circonstances dites traumatisantes, liées directement à la pénétration et engendrant un traumatisme (ceci peut être le cas le cas pour un viol ou bien pour une maladie provoquant des pénétrations douloureuses de type dyspareunie…) ; de l’autre, nous avons des circonstances qualifiées d’extra coïtales comme le conformismereligieux ou encore l’homosexualité.
Pour Masters et Johnson, chez les femmes présentant un vaginisme, une association liant la pénétration à la douleur se crée, favorisée par une situation anxiogène ou perçue par ces femmes comme menaçante. Cette association produit une réponse conditionnée marquée par un retrait et la contraction des muscles péri-vaginaux.
Masters et Johnson...
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