Lecture analytique sur ponge

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1711 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 21 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Séquence 5 : Lecture analytique de Francis Ponge « l'oeillet »

Texte :

Dans Le parti pris des choses (1942), Ponge décrit des choses », des objets banals, quotidiens et, dans La Rage de l'expression (1952), il explique sa démarche : faire évoluer la poésie et le lecteur. En préambule au poème « L'œillet », il présente sa méthode, avant de proposer en application, quinze études évoquantcette fleur.

L'œillet

Relever le défi des choses au langage. Par exemple ces œillets défient
le langage. Je n'aurai de cesse avant d'avoir assemblé quelques mots à la
lecture ou l'audition desquels l'on doive s'écrier nécessairement : c'est
de quelque chose comme un œillet qu'il s'agir.
Est-ce làpoésie ? Je n'en sais rien, et peu importe. Pour moi c'est un
besoin, un engagement, une colère, une affaire d'amour-propre et voilà
tout.

Je ne me prétends pas poète. Je crois ma
vision fort commune.
Étant donnée une chose - la plus ordinaire
soit-elle - il me semble qu'elle présentetoujours quelques qualités vraiment particu-
lières sur lesquelles, si elles étaient clairement et
simplement exprimées, il y aurait opinion
unanime et constante : ce sont celles que je
cherche à dégager.
Quel intérêt à les dégager ? Faire gagner à
l'esprit humain ces qualités, dont ilest capable
et que seule sa routine l'empêche de s'appro-
prier.
Quelles disciplines sont nécessaires au succès
de cette entreprise ? Celles de l'esprit scienti-
fique sans doute, mais surtout beaucoup d'art.
Et c'est pourquoi je pense qu'un jour une telle
recherche pourra aussilégitimement être
appelée poésie.

Début du poème, éd. Gallimard.

Auteur :
Ponge Francis (1899-1988) :

En 1926, il publie Douze petits écrits, mais il faudra attendre 1942 pour Le Parti pris des choses et 1948 pour la parution de Proèmes. Communiste (il quittera le parti en 1946) durant la guerre, il est résistant. Il doit notamment à Sartre, à Camus d'êtrerévélé au grand public (Le Grand Recueil en 1961 Le Savon et Nouveau Recueil en 1967).
Admirateur des classiques tels La Fontaine et Malherbe (Pour un Malherbe, 1965), Ponge privilégie comme eux le travail de l'écriture. Curieux des moindres créations de la nature, Ponge applique à leur observation le même soin qu'il met à choisir le lot juste, dont les résonances sémantiques seront les plusriches: O ressources infinies de l'épaisseur des choses, rendues par les ressources infinies de l'épaisseur sémantique des mots, s'exclame t-il dans Introduction au galet de Proèmes.
Parce que les mots ne peuvent traduire exactement les mouvements de notre subjectivité, il ne faut plus, selon Ponge, partir du "moi" pour aller vers les choses, mais prendre le "parti" des choses, retrouver lesobjets à travers la chair des mots qui les nomment: l'"huître", le "cageot", la "bougie". Son évocation méticuleuse, sa peinture pénètre au cœur des moindres objets ou de petits animaux dans un travail savant de personnification et de métaphores surprenant. Dès lors, il s'agit de réinventer le langage poétique: "plus de sonnets, d'odes, d'épigrammes" dit-il, mais des définitions / descriptions,s'attachant, comme dans Le Pain, aux réalités les plus humbles.
Fasciné par l' "aspect sensoriel du monde", il fait naître l'objet dans la sphère du sensible pour devenir "objeu".

Œuvre :
Le recueil qui a rendu célèbre Francis Ponge en 1942 s'appelle le parti pris des choses. Ce recueil possède une valeur de manifeste. C'est-à-dire qu'il y présente ces idées sur la poésie, sa...
tracking img