Les banques dans la crise

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 12 (2824 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 21 novembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
* Vient de paraître
* Livres
* Revues
-------------------------------------------------
Haut du formulaire
Les banques dans la crise
Mathieu Plane et Georges Pujals
Publié le : 28 septembre 2010
Cet article est une synthèse de Mathieu Plane et Georges Pujals : « Les banques dans la crise », Revue de l'OFCE, n° 110, juillet 2009.

Issue de la crise des subprimes, lacrise bancaire a connu son point d'orgue le 15 septembre 2008 avec la faillite de Lehman Brothers. À partir de cette date, la crise a pris une autre dimension et, d'une crise bancaire, nous sommes passés à une crise financière planétaire aux effets économiques et sociaux sans précédents depuis la Seconde Guerre mondiale.
Dépréciations, pertes de capitalisation, chute des profits et plans de soutiendes États : la mécanique infernale
La crise financière actuelle met en péril la solvabilité des banques dont la dégradation des bilans passe par plusieurs canaux. Premièrement, les dépréciations d'actifs adossés à des titres «toxiques» ont conduit les banques à passer des provisions colossales pour compenser les pertes, notamment aux États-Unis et en Europe. Selon le rapport du FMI d'avril 2009,les dépréciations d'actifs pourraient atteindre près de 4 000 milliards de dollars au niveau mondial (2700 pour les États-Unis), dont les deux tiers concerneraient des banques. Cela représente 7,4 points de PIB mondial et plus de 19 points de PIB de dépréciations d'actifs à encaisser pour les États-Unis. Certes, le choc ne se concentre pas sur une seule année mais les ordres de grandeur mettent enévidence la gravité du phénomène. Deuxièmement, face à cette dégradation brutale des bilans bancaires, la chute des cours boursiers a été rapide et de grande ampleur conduisant à des moins values sur les actifs financiers détenus par les banques. Entre le mois de juin 2007 et mars 2009, la capitalisation boursière mondiale des banques a perdu 70% de sa valeur, soit plus de 4700 milliards de dollars(8,7 points de PIB mondial).

Ces différents éléments ont conduit les banques à encaisser des pertes sans précédents. À partir des données individuelles des plus grosses banques des pays européens et des États-Unis, nous avons reconstitué des comptes agrégés bancaires pour chaque pays. Ces 34 banques ont vu leur résultat net diminuer entre 2007 et 2008 de plus de 400 milliards de dollars, soit0,7% du PIB mondial. Cette chute est très concentrée. Près de 70% de la baisse est regroupée dans 13 banques. L'impact de la crise est également différent selon les pays : la chute des profits représente 0,9 point de PIB dans la zone euro et 1 point aux États-Unis. Au Royaume-Uni, la variation du résultat net atteint 4,7 points de PIB et 7,1 points de PIB en Suisse. Au sein de la zone euro, lessituations sont très disparates : en haut de la hiérarchie, on trouve l'Espagne et l'Italie où la contraction des profits représente respectivement 0,1 point de PIB et 0,3 point de PIB. Dans une situation intermédiaire, il y a la France et l'Allemagne où la variation des résultats bancaires représente environ 0,5-0,6 point de PIB, même s'il est important de noter que les banques françaisescontinuent à faire des profits en 2008 alors que les banques allemandes affichent des pertes au niveau agrégé. Enfin, dans une situation extrêmement difficile, les banques belges ont enregistré une chute de leur résultat net de 12,7 points de PIB. Si l'ampleur du choc entre 2007 et 2008 est comparable entre l'Europe et les États-Unis, il faut souligner que la chute des profits a commencé dès 2007 auxÉtats-Unis (baisse de 43 milliards de dollars, soit 0,3 point de PIB) alors que le retournement a eu lieu en 2008 en Europe.

Face à ces pertes colossales qui ont diminué d'autant leurs fonds propres, les banques ont été confrontées à un risque d'insolvabilité, les contraignant à procéder à des recapitalisations massives et à diminuer leurs actifs pondérés du risque. De plus, dans un contexte de...
tracking img