Les fables de la fontaine "une ample comédie aux cent actes divers, / et dont la scène est l'univers "

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  • Publié le : 13 mai 2010
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Les Fables, La Fontaine: "C'est une ample Comédie aux cent actes divers, / Et dont la scène est l'Univers"

Ce sont les Fables publiées à partir de 1668 et écrites en référence à l'inspirateur grec Esope qui marquent le mieux le talent inventif de La Fontaine. Sous prétexte de mettre ces histoires « sues de tout le monde » en vers, il renouvelle le genre en les égayants. On doit aussi à cepoète des poésies, des pièces de théâtre et des livrets d'opéra. La Fontaine est multiple et semble côtoyer tous les genres, il fait alors de sa carrière un travail de diversité. Il fige cette diversité que le caractérise et en fait une description de ses fables dans un vers du Bucheron et Mercure (Livre V, fable 1): « C'est une ample Comédie aux cent actes divers, / Et dont la scène est l'Univers ».Comment comprendre alors que les fables de la Fontaine soient une comédie, c'est-à-dire une construction théâtrale, une feinte destinée à être représentée mais qu'elles soient en même temps le juste reflet de l'univers dans toute sa diversité?
Pour y répondre, nous verrons dans un premier temps que les fables sont effectivement une comédie, une mise en scène de fiction pour plaire à la cour,mais qu'en deuxième temps, les fables sont aussi le reflet juste et véritable de la société et du monde dans sa diversité et qu'en troisième temps, les fables sont une « ample comédie » qui dépeint fidèlement la réalité à travers le prisme du poète grâce à une écriture plaisante faite pour instruire.

Si La Fontaine parle d'une "ample comédie" en qualifiant ses fables c'est que de nombreusesfables peuvent s'apparenter à des pièces de théâtre, à des comédies. Le mot comédie vient du latin comoedia et possède le sens général de « pièce de théâtre ». La fable qui est l'"expression d'une vérité sous le voile de quelque fiction" (dictionnaire de l'Académie Française) a en commun avec la pièce de théâtre la "feinte" (du latin fictio). Beaucoup de fables de La Fontaine s'apparentent à despièces de théâtre par leur construction et leur structure. La dramaturgie classique donne les codes de construction d'une pièce, que ce soit une tragédie ou une comédie. La pièce s'organise en trois temps avec tout d'abord l'exposition puis la progression de l'action et enfin le dénouement. Au théâtre, l’exposition est le premier moment de la pièce destinée à faire part au public de tout ce qu’il abesoin de connaître pour comprendre l’action et en suivre la marche. L’auteur doit annoncer le sujet au public, lui exposer le temps et le lieu de l’action, lui en présenter les personnages, en expliquer les ressorts, les intérêts et les passions en présence. Pour ne pas lasser ni choquer le public, cette étape doit être rapide. Il en est de même dans les fables: la concision caractérise l'écriturede La Fontaine. Ainsi dans Les Deux Coqs ( Livre VII, fable 12 ) l'exposition est faite en deux vers: "Deux coqs vivaient en paix; une Poule survint, et voilà la guerre allumée." ou dans Le Lion devenu vieux (III, 14 ) l'exposition est faite aussi rapidement: "Le Lion, terreur des forets,/ Chargé d'ans, et pleurant son antique prouesse,/ Fut enfin attaqué par ses propres sujets,/ Devenus fort parsa faiblesse.". Le déroulement de l'action, lui est progressif. La fable, de même qu'une pièce de théâtre peut être découpée en actes, chaques actes apportant un élément supplémentaire. Dans Le Loup et l'Agneau (I, 10) il y a une exposition où l'agneau se désaltère, un premier acte quand le loup arrive actes, puis un deuxième acte lorsque le loup discute avec l'agneau et comme dans une pièce dethéâtre, le dénouement est bref et complet: "Là-dessus, au fond des forêts/ Le loup l'emporte, et puis le mange, / Sans autre forme de procès.".
Depuis Jodelle (1552) le mot comédie prend le sens plus précis de « pièce divertissante représentant des personnages de moyenne et basse condition » en opposition à la tragédie. Au XVII ème siècle la comédie se termine gaiement. Selon La Fontaine,...
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