Les mutations de la societe et de la mode depuis les années 60

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  • Publié le : 10 avril 2011
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Les mutations de la production vestimentaire au service d’une société nouvelle

1.1 La mode avant les années soixante à l’image d’une société de rangs

Jusqu’à la fin des années 50, l’activité de la mode se divise selon trois secteurs de production vestimentaire : la haute couture, les ateliers de couturières et la confection. Les créations de la Haute Couture proviennent de grandes maisonssouvent parisiennes, dont l’activité relève de l’artisanat de luxe. En effet, avant que des créateurs osent mécaniser le processus, les pièces de haute couture passent dans différents ateliers très spécialisés tels que les ateliers de modistes ou de brodeurs qui travaillent entièrement à la main. De même, les couturières réalisent à la main et sur mesure des pièces commandées par la classebourgeoise, travaillant avec des matériaux moins onéreux que ceux destinés à la haute couture. A l’inverse, la confection réalise à l’avance des vêtements. Ce dernier secteur représente uniquement un quart de la production de vêtements par rapport à l’activité des couturières qui sont majoritaires dans le domaine. Entre la haute couture et le prestige du savoir–faire et de ces matériaux nobles, les petitsateliers de couture où les modèles sont réalisés sur mesure et la confection qui prépare à l’avance les vêtements, les coûts diffèrent de façon décroissante. Cela explique que les trois « écoles » travaillent respectivement pour des couches sociales différentes que sont l’élite mondaine, la bourgeoisie et la classe moyenne.

Cependant la bourgeoisie veut adopter les mêmes modes que les classessupérieures d’où la forte influence des collections de la haute couture dans les réalisations des ateliers de couture ou de confection. On peut considérer que la haute couture est le « laboratoire » de la mode où prennent vie les tendances. Cette conception de la mode rejoint les propos du sociologue Georg Simmel qui soutient le mécanisme de l’imitation entre classes. Selon lui, les classesinférieures copient les classes supérieures. D’autant plus dans le domaine du vêtement qui peut étaler de façon ostentatoire les dépenses de l’individu et donc pourrait indiquer son appartenance sociale. Cependant, les classes supérieures veulent maintenir leur rang des premiers lancés dans une tendance de mode. Dès que la mode est adoptée par les couches sociales jugées inférieures, les classessupérieures créent une nouvelle mode. Ainsi, la distinction entre classes est maintenue. Plus les classes sont divisées en sous classes, plus vite les classes supérieures devront changer de mode alors que les échelons inférieurs auront adhéré à la mode précédente. Ce mouvement ininterrompu d’imitation des classes inférieures et du maintien de distinction par les classes supérieures est à l’origine des fluxde la mode : une théorie plus vraisemblable que celle qui considère les innovations comme causes des changements d’une mode à l’autre. Surtout au 20éme siècle, la mode d’une décennie n’est pas plus belle ou plus confortable que la mode de la décennie suivante. Seules quelques exceptions montrent que l’adhésion à une mode peut dépendre du coté pratique comme l’arrivée du collant dans les années 60alors que les bas ne font plus bon ménage avec la mini jupe.

Cependant il faut être nuancé sur le phénomène de la mode avant les années 60. Même si la mode et ses flux existent, la confection et la plupart des couturières n’ont pas le souci d’esthétisme qu’ont la Haute Couture et les couturières de luxe. La distinction est d’autant plus visible entre ceux qui peuvent se permettre de suivre lamode et les autres. Mais la nouvelle entité sociale de la jeunesse et son entrée dans la consommation de masse va remodeler le système de production vestimentaire et bouleverser le système de distinction entre classes par les vêtements.

1.2 Un système de production vestimentaire traditionnel incompatible à la demande grandissante

Dans le domaine de l’habillement, l’offre traditionnelle...
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