Lettres persanes, montesquieu, lettre xxx

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  • Publié le : 24 mai 2011
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Lettre XXX
 Montesquieu, issu d'une grande famille de parlementaires bordelais, a passé une grande partie de sa vie à fréquenter les salons parisiens. Il consacre également énormément d'intérêt et de temps aux voyages. Il est caractérisé par une ouverture d'esprit et une faculté d'adaptation peu commune. Les philosophes du 18ème siècle reconnaissent en Montesquieu leur précurseur ; ses idéesinspirent leur combat. Il a défendu la conquête de la raison, de l'esprit de tolérance et, en politique, la séparation des pouvoirs. Les lettres Persanes ont été publiées anonymement en 1721 à Amsterdam. Il s'agit d'un roman épistolaire qui présente la correspondance de deux Persans et leurs compatriotes restés en Perse. Ils font part de leurs étonnements devant le comportement des Parisiens etdevant leurs découvertes. Ce procédé permet de faire passer critique, satire et réflexion philosophique sous une forme agréable en évitant par la même occasion la censure. Dans la lettre que nous allons étudier, qui marque le premier contact avec les Parisiens, l'un des Persans raconte une aventure personnelle. En effet, cette lettre assez courte paraît anecdotique : c’est au lecteur de tirer unenseignement de cette « anecdote » (pas didactique). Le texte est descriptif (nombreuses scénettes) et sa composition repose sur l’apparence et la réalité (insister sur le thème du regard et le genre épistolaire tout au long du texte + Conclusion éventuelle sur une réflexion philosophique proposée par ces deux options).
1er paragraphe Rica avec l’habit, 2e paragraphe sans l’habit.
→ antithèse :habit persan = intérêt, curiosités extrêmes
habit européen = indifférence totale

1. Le costume persan (on s’intéresse à ce qui est étranger) et le prestige, la célébrité qu’il en retire.
-N’est même pas représenté → Montesquieu évite l’exotisme de pacotille, ridicule
-Rica souligne avec ironie que les parisiens ont déjà une idée toute faite des persans (« Il faut avouerqu’il a l’air bien persan ») et Rica répond à cette représentation
→ l’étranger est comme un animal qu’on va voir au zoo (cf Voyage de Bougainville, qui a ramené un Tahitien), Rica écoute mais on ne lui parle pas, encore une fois comme au zoo où on ne parle pas à la bête curieuse.
- Rica est au centre de toutes les attentions (« je fus regardé » voix passive, « « je me voyais » voix pronominale,« voulaient me voir », voix active → ttes les voix ; « un cercle se former autour de moi » + l’image du cercle traduit l’impression d’être prisonnier) (toute la société représentée par une accumulation : « vieillards, hommes, femmes, enfants » = gradation descendante). Le regard est aussi superficiel → on ne cherche pas à comprendre
« sont d’une curiosité » → langage précieux, hyperbolique(« extravagance ») + observation, de leur curiosité (=> extravagants = première caractéristique pas vraiment méliorative).
Il s’amuse de cette curiosité et écoute des gens qui n’ont jamais quitté leur pays, il les comprend car les Persans (Iran) parlent français.
-Rica est oppressé par une curiosité agressive (« cent lorgnettes contre moi ») et est présenté comme un phénomène de foire, passif, vu par lafoule (pas de personne identifiée, pas de parole, femmes = « arc-en-ciel ») → il est un objet et dépossédé de lui-même (« ma figure », « mes portraits » → apparence figée et multipliée, ce n’est plus une personne). Il se voit partout, et cette profusion de portraits de Persans entraîne un malaise (=> Transition).

En effet, ce texte philosophique illustre l’esprit d’examen dont Rica fait preuve,tel un philosophe des Lumières, en expérimentant d’enlever son habit persan pour voir la réaction parisienne. Bien que le terme « à charge » montre qu’il le fait car le poids de la gloire est lourd à porter, on y distingue une véritable démarche scientifique : problème => décision "cela me fit résoudre" => expérience => résultat
Il ne s’attend pas au miracle mais aimerait y croire, et il ne...
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