Pillage congo belge

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  • Publié le : 3 janvier 2011
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Depuis la période coloniale, toutes les guerres du Congo se sont toujours inscrites dans les cycles des pillages. Le dernier en date, c’est le pillage en col blanc » .

Le Congo a toujours été convoité pour ses ressources naturelles. Ces matières premières dont le monde a besoin et dont il faut s’emparer le plus vite possible et au meilleur prix.

D’un pillage à l’autre

Le premier neconcerne pas une marchandise ou un produit primaire mais bien le « bois d’ébène », ces esclaves arrachés à la forêt tropicale dès le XVIème siècle qui, selon les historiens, étaient estimés à 20 millions d’âmes.
Ensuite, il y eut l’ivoire à la fin du XIXème siècle. Les européens avaient besoin des défenses d’éléphants pour fabriquer des touches de piano, des fausses dents, des objets d’art, etc.Puis, vint le caoutchouc, l’ « or blanc » de l’Afrique, alors que l’industrie automobile prenait son essor dès le début du XXème siècle.
Et puis surtout vint le cuivre. Même si les Katangais l’utilisaient déjà comme monnaie d’échange, l’ « or rouge » prit son essor au tournant du siècle dernier grâce à l’invention du téléphone mais aussi pour fabriquer des fusils et des obus pendant la Premièreguerre mondiale. La Belgique s’empressa de faire produire le métal rouge si prisé dès qu’il en fut propriétaire et n’hésita pas à faire venir des originaires du Kasaï ainsi que des Rwandais pour y travailler afin de relayer les autochtones réticents.
Pendant la Seconde guerre mondiale, le Congo fournit aux alliés l’uranium qui leur permit de fabriquer la bombe atomique.

Tout au long du règne deMobutu, le Congo produisit de l’or, des diamants, de l’étain et du cuivre. Ces minerais ont fait la fortune du dictateur, tout le monde le sait. Ce que l’on sait moins, c’est qu’elle dort toujours dans les banques belges et suisses !
Les années ’90 ont vu un autre cycle s’ouvrir, celui du coltan (colombo-tantalite). L’explosion de la téléphonie mobile et de l’informatique a fait grimper le prix decette poussière grise qui gît sous les hautes terres du Kivu.

Du degré zéro de l’économie au troc à la chinoise

Quand Laurent-Désiré Kabila prit la place de Mobutu en 1997 après la première guerre du Congo, il savait que la reconstruction du pays devait passer par les grandes sociétés, avec l’aval des institutions internationales (FMI, Banque mondiale) qui avaient rompu tous leurs programmesavec le régime de Mobutu.
Mais suite à l’échec de la conférence dite des « amis du Congo » en décembre 1997, Kabila prôna un développement autocentré s’appuyant sur les collectivités locales ainsi que la multiplication des échanges sur le marché intérieur. Selon ses dires, les richesses du Congo devaient être mises au service du développement de l’Afrique. Il fit le choix de la coopérationsud-sud également et privilégiât des échanges avec la Chine, qu’il présentait comme un « modèle de développement ». La communauté internationale et l’Occident en particulier tenta de déstabiliser l’indocile Kabila de multiples manières.
La deuxième guerre du Congo, le 2 août 1998, mit fin à toutes tentatives de relance de l’économie. Durant les quatre années de conflit de 1998 à 2002, les autoritésfinancèrent avant tout l’effort de guerre. Les différents mouvements armés qui évoluèrent sur ce vaste territoire, quel que soit leur camp, s’adonnèrent à des pillages systématiques des stocks de matières premières dans un premier temps. Ensuite, les méthodes des rebelles sont devenues plus sophistiquées : ils se sont octroyé des concessions minières et les ont gérées à leur profit. En ce quiconcerne les troupes alliées, comme celle du Zimbabwe par exemple, Kinshasa les remercia en concluant avec elles des contrats très avantageux. Bref, durant ces années de guerre, ce qui restait de l’économie congolaise a été saigné à blanc. Les experts de l’ONU évaluent à 5 milliards de dollars le montant des pertes matérielles pour la Congo.

Après la mort de son père en 2001, Joseph Kabila hérita...
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