Rousseau

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  • Publié le : 16 octobre 2010
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BIOGRAPHIE DE JEAN JACQUES ROUSSEAU

1. Une enfance instable
2. Paris : les illusions perdues et la vocation philosophique
3. Ecrire contre tous
4. L’impossible unité d’un « je » : Jean-Jacques Rousseau et sa légende

1. Une enfance instable

Venu au monde en 1712 dans une famille protestante d’origine française et orphelin peu après sa naissance, Jean-Jacques Rousseau grandit dans unmilieu fort différent de la traditionnelle rigueur genevoise. Son père Isaac, personnalité considérée comme fantasque par ses amis, le laisse libre d’école et d’enseignement strict. Jean-Jacques apprend à lire très tôt dans les romans laissés par sa mère et dans les livres d’histoire de son père. Obligé de s’expatrier à la suite d’une querelle, Isaac Rousseau confie son fils au pasteur Lambercier età sa sœur. Un châtiment immérité suscite chez l’enfant la haine du mensonge et de l’injustice. C’est la fin de l’enfance heureuse, selon le témoignage du philosophe : il doit de nouveau se discipliner à l’école et cesser ses errances libres. Mis en apprentissage à douze ans chez un graveur, Jean-Jacques connaît une expérience amère du marché du travail. Il ne rêve que de quitter cette existencedécevante.
Un dimanche de mars 1728, Rousseau trouve, de retour d’une promenade, les portes de Genève fermées. Il décide de saisir l’occasion pour commencer une vie errante. Un curé missionnaire le recueille à la frontière suisse. Il lui promet de l’aide à condition qu’il se convertisse au catholicisme et l’envoie à Annecy chez une jeune femme dévote, Mme de Warens : c’est la première rencontreavec celle qui sera le centre de gravité de sa jeunesse et qu’il appelle « maman ». Elle le fait entrer à l’hospice des catéchumènes de Turin où il abjure le protestantisme et reçoit le baptême. Successivement laquais, séminariste, musicien, secrétaire, il regagne Annecy et retrouve en 1731 Mme de Warens, qui devient sa maîtresse. C’est avec elle qu’il effectue deux séjours dans le vallon desCharmettes, près de Chambéry. Mais ce bonheur à deux est court. Mme de Warens prend bientôt un autre amant. Après être resté seul aux Charmettes pour parfaire son instruction d’autodidacte, Rousseau trouve une place de professeur à Lyon chez M. de Mably. Celui-ci, frère d’un encyclopédiste, lui découvre le monde intellectuel français.

2. Paris : les illusions perdues et la vocation philosophique

En1742, Rousseau a trente ans. Il a beaucoup voyagé, exercé une foule de petits métiers et s’est construit une vaste culture. Confiant en son talent d’intellectuel et de musicien, il part donc à la conquête de Paris. Il propose d’abord à l’Académie des sciences un nouveau système de notation musicale, qui est vivement critiqué par Rameau, le grand compositeur de l’époque. La querelle qui s’ensuitlui fait connaître le monde scientifique et littéraire. Il rencontre Fontenelle, Marivaux et Diderot et entre dans la société parisienne. Il obtient un poste de secrétaire auprès du comte de Montaigu, ambassadeur à Venise. Pendant une année, il apprend non seulement les rouages de l’administration diplomatique, mais la pression sociale : la jalousie et le mépris qu’affecte le noble ambassadeur àl’égard du roturier qu’il est suscitent en lui une amertume profonde, source des condamnations qu’il portera plus tard contre l’ordre social de son siècle. Revenu à Paris, il reprend son activité musicale, composant un opéra à succès, Les Muses galantes. Il fait la connaissance de Voltaire en remaniant pour lui une de ses comédies-ballets. Il vit maritalement avec une lingère, Thérèse Levasseur. En1747, le couple a un enfant que Rousseau abandonne à l’hospice des enfants trouvés, comme il le fera pour les quatre qui suivront. Ses activités artistiques agrandissent le cercle de ses relations mondaines : à Chenonceaux, il rencontre Mme d’Epinay, qui jouera un grand rôle dans sa vie; à Paris, il devient secrétaire de Mme Dupin, fréquente Condillac, Diderot – avec qui le lie une amitié...
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