Sauver un coupable/condamner un innocent

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  • Publié le : 20 mai 2011
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Peut-on risquer de relâcher dans la nature un dangereux criminel sur base de ne pas avoir assez de preuve contre lui ? Ou vaut-il mieux préférer prendre le risque de condamner un homme peut-être complètement étranger au méfait.
Selon Voltaire, un philosophe du dix-huitième siècle, ‘’il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent’’.
Je vaistenter de prouver, dans le texte qui va suivre, que l’idée du philosophe est juste et légitime. Je commencerai d’abord par exposer le côté plus humain de cette manière de penser et en quoi elle montre un plus grand respect et une plus grande confiance en l’homme. J’achèverai ensuite en présentant l’aspect plus philosophique de cette position, en tentant de montrer que cette manière d’exécuter la loipermet de mettre tous les individus sur le même pied d’égalité.
Tout d’abord, juger est toujours un moyen d'exprimer sa civilité quelle que soit la personne. Cela peut se présenter comme une chance offerte au citoyen de défendre sa vision des faits, l’occasion, offerte par la justice, de reprendre sa vie sur de bonnes bases. A moins d’être certain de la culpabilité d’un individu, ilest plus juste de le relâcher et, même s’il s’avère en réalité être coupable, de lui laisser une seconde chance, que de le condamner pour rien.
En effet, l’auteur, une fois libéré, pourra toujours repasser en justice et, cette fois-ci, être condamner à juste titre s’il ne fait pas ses preuves. Tandis que l’innocent qui se retrouve derrière les barreaux ou tué, se trouve très souvent, dans unesituation irréversible.
On voit bien comme lors d’un fait divers, on se presse de trouver un responsable, ou une catégorie de gens à incriminer. Par exemple, dans les jours qui suivirent le meurtre de Jo Van Holsbeek, on a affirmé qu’il s’agissait de jeunes d’origine « nord-africaine », et on a commencé à faire le procès de toute une communauté, avant de se rendre compte qu’il s’agissaitd’adolescents d’une toute autre provenance. Ce genre d’accusation non fondée, basée sur des à priori, a contribué à entretenir une impression de discrimination pour toute une communauté, et presque menacé la paix sociale. Condamner sans preuve, c’est donc bien risquer de créer de nouvelles victimes. C’est en quelque sorte se rendre responsable d’avoir gâché l’existence d’un être extérieur au crime. Attendreplus de garanties, au risque de laisser un coupable en liberté, correspond à une idée de l’être humain plus haute et à un respect de la réputation et des sentiments éprouvés par cette personne. C’est une compréhension de la situation d’injustice dans laquelle elle pourrait se retrouver.

Ensuite, un bon fonctionnement de la justice doit se baser sur le principe que tout homme que l’onsuspecte d’avoir commis un délit ou un crime soit, jusqu’à son jugement, « présumé innocent ».Il a le droit à être jugé de manière équitable, grâce à un procédé qui donne à toute personne suspectée mais innocente (profane, ingénu ) les meilleurs moyens de le prouver, au risque de donner des outils ou armes à de vrais coupables pour se faire libérer. Cela est préférable à un système qui condamnesur base des évidences et sur des présomptions, comme pourraient y mener des manières plus expéditives de « faire la loi ». Une conception plus haute de la justice va même plus loin : la charge de la preuve est à la partie qui soupçonne, c’est sur base de ce qu’elle peut apporter comme éléments probants qu’une condamnation peut être faite. Ce dispositif est nécessaire pour protéger les citoyensd’abus du système judiciaire tout autant que des réactions de la foule. En effet cela permet d’éviter qu’un passé délictueux ou pire, un air suspect, puissent suffire à faire condamner quelqu’un. Il s’agit là de mesures qui invoquent un devoir d’intégrité global, qui évite d’être dominé par l’émotion ou le désir de vengeance ou par des préjugés. Les exemples d’erreurs judiciaires, ou de...
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