Science et culture par boutroux pierre

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  • Publié le : 3 avril 2010
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PIERRE BOUTROUX

SCIENCE ET CULTURE

« L’objet de la culture est le développement de l’homme en tant qu’homme. » Problème : la culture suit-elle le développement de la science ; a-t-elle son développement propre ; voire, la science ne tend-elle pas à devenir un « dressage mécanique » contraire à la culture ? 1- Rappel historique : des crises analogues dans l’histoire humaine, réaction de laculture contre les prétentions hégémoniques de la science. L’humanité a déjà traversé des crises analogues : - la science de la nature en Grèce, conduite au point de vue de la nature elle-même ; d’où le problème posé par les sophistes de savoir si arts, institutions, vertus conservaient quelque valeur ; protestation socratique - fin du Moyen-âge ; constitution d’une science à laquelle l’homme n’aqu’à se soumettre ; Rabelais, Montaigne « Science sans jugement n’est que ruine de l’esprit » ; avec Descartes, triomphe de la culture consistant dans la culture de la raison, art de penser et non pas de raisonner - fin du siècle des Lumières ; protestation de Rousseau contre une science et une intelligence séparée de l’âme et de la vie ; confiance naive dans les pures impulsions du coeur et de lanature ; les sceiences doivent être les servantes du coeur - aujourd’hui : l’homme se demande s’il n’est qu’une chose parmi les autres, susceptible d’être étudié théoriquement au même titre que les autres phénomènes de la nature, s’il n’a pas une personnalité propre ; « est-il prouvé que la culture humaine, tout comme la culture animale ou végétale, doit se réduire à une application passive deslois fatales posées par les sciences théoriques. » 2. Pourquoi la crise actuelle risque d’aboutir à une domination totale de la science. – Evolution de la science,

son extension universelle.- Idée scientiste selon laquelle la science la science suffit à la culture. • Quelle sera l’issue de l’opposition actuelle entre science et culture ? Les raisons qui dans le passé ont empêché le triomphe dela science tenaient au caractère qu’elle avait alors ; mais elle a évolué. Il est donc difficile de prévoir une résurgence de la culture. « Il y a lieu de se demander si la prétention de la science à gouverner non seulement la connaissance, mais la vie humaine tout entière n’est pas à la veille de triompher définitivement. » ==> Evolution : « de l’homme aux choses, de la raison au sentiment, del’art à la science. » • Evolution - la science a conscience de posséder la certitude ( elle repose sur les faits et la logique) - elle s’étend à tous les objets soumis à la connaissance expérimentale et à la logique ; d’où elle est la seule à posséder la certitude ; rien n’est connaissable que ce qui l’est scientifiquement, « que nul ne prétende savoir là où la science ignore » ; pas de certitude desentiment - tout est connaissable scientifiquement (méthode du biais ou de l’équivalent) ; d’où, la certitude scientifique s’étend à tout ==> pas de culture qui soit hors de la science • Solution possible. cf Leslie Stephen « The imagination lags behind the reason. » Le sentiment, l’imagination, ne sont que des forces d’inertie qui finiront par être irrésistiblement entraînées par le moteur de laraison » • En outre, la science finira par suffire à l’éducation et à la culture. - réalisation de la vertu intellectuelle - réalisation de la vertu morale ( sacrifice des préférences, subordination à un intérêt idéal, amitié avec les autres membres de la communauté scientifique) - développement de toutes les facultés

3. Que deviendrait la vie humaine si elle était effectivement régie danstoutes ses parties par la science ? Mécanisation de la société et destruction de l’homme comme subjectivité. – Rejet d’une telle perspective : le scientisme repose sur un oubli de l’activité créatrice de l’esprit et de la subjectivité humaine dans l’élaboration de la science. – La culture est nécessaire non seulement pour l’esprit, mais pour la science elle-même ; et cette culture doit être...
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