Sociologie

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 19 (4655 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 20 décembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
[pic]
CONTEXTES ET ETAT D’UNE RECHERCHE :
LES ETUDES URBAINES AU MAROC
Mostafa KHAROUFI
IRMC
Au Maroc, la ville est devenue un espace central et une zone critique qui capitalise de plus en plus les savoirs en sciences sociales, comblant ainsi les lacunes qui ont longtemps caractérisé le thème de l’urbain. En effet, jusqu’aux années 1960, les campagnes étaient au centre desenjeux sociaux et politiques alors que le monde urbain séculaire entrait dans une phase de pleine mutation. Les villes ont subi, depuis, un exode rural tellement important que l’accès à un minimum de citadinité ne va pas parfois sans confrontation avec l’Etat. Les mouvements sociaux dont les villes marocaines sont fréquemment le théâtre sont des expressions spectaculaires de la crise urbaine. Ilsfont passer les problèmes des villes au rang des priorités et imposent de trouver des solutions aux difficultés concomitantes à leur extension.
Ce thème tente de donner un bref aperçu sur l’urbanisation et les travaux de recherches sur les villes au Maroc. Toutefois, il ne prétend pas dresser un bilan exhaustif de la recherche urbaine et des institutions qui les initient.
 L’urbanisation au Maroc : un dynamisme inégal
Alors que la population rurale n’a progressé au Maroc en moyenne que de 1,8% entre 1960 et 1971, la population urbaine s’est accrue de 4,28% et le taux d’urbanisation est passé de 29% à 35% en 11 ans. L’espace géographique du Maroc est de ce fait marqué par l’extraordinaire essor des villes et les changements induits par l’urbanisation. Cependant, lesrythmes de cette urbanisation restent différenciés et le rééquilibrage récent des disparités régionales en matière de concentration de la population citadine n’éclipse pas la prédominance de l’axe côtier (Casablanca-Rabat-Kénitra) qui regroupe 40% de la population urbaine du pays. Les résultats du dernier recensement (1982) montrent que les grandes villes marocaines marquent une pause dans leurexpansion annuelle (3,3%) alors que les villes moyennes de plus de 100 000 habitants connaissent une poussée significative (5,3%) (NACIRI, 1992 ; ABOUHANI, AMEUR et al., 1988). Le ralentissement de la croissance des grandes villes est de toute évidence lié à la réduction des possibilités d’intégration pour les migrants issus des campagnes, aux efforts de décentralisation profitant aux centres urbainsplus petits en pleine expansion, aux migrations descendantes de fonctionnaires vers les villes moyennes et petites.
Tableau 1 Croissance urbaine au Maroc entre 1960 et 1980
Au cours des trois dernières décennies, le processus d’urbanisation n’a pas revêtu les mêmes formes sur l’ensemble du territoire et le fait urbain s’est diffusé de manière contrastée. Toutes les villes ne participent pas avec lamême intensité à la phase d’urbanisation que connaît le pays au cours de ce siècle. Les trente dernières années ont vu un espace marocain profondément modifié avec un développement régional inégal et un réseau urbain hétérogène opposant les villes "modernes" dynamiques à des centres traditionnels plus amorphes (ESCALIER 1981, p. 33). L’indice d’urbanisation réside dans la multiplication parenviron 22 de la population des villes : 400 000 citadins sont comptabilisés au Maroc en 1900 et 8,6 millions au recensement de 1982 ; en 1992, la population urbaine est estimée à 12,4 millions (NACIRI, 1992, p. 6) et son rythme de croissance est resté soutenu comme l’indique la série statistique suivante :

|Année |Pop. urbaine |Accroissement |Taux|Pop. totale |
| |(en million) |annuel % |d’urbanisation % |(en million) |
|1960 |3,4 |4,2 |29 |11,6 |
|1971 |5,4 |5,4...
tracking img