Sophie calle

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  • Publié le : 20 mars 2011
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SOPHIE CALLE

Née le 9 novembre 1953, Sophie Calle est écrivain, artiste conceptuelle, photographe, cinéaste ou même détective . Elle est sans doute un peu de chaque, selon les personnages qu'elle interprète, les rituels qu'elle imagine, les morceaux de sa vie qu'elle raconte et les sentiments qu'elle fait partager. L'artiste exploite fréquemment la méthode de l'enquête et son oeuvre consistele plus souvent en l'association de la photographie et de l'écrit.
Sophie Calle invente ses propres règles du jeu jeux afin d' « améliorer la vie », lui donnant ainsi une structure.
Pour une grande partie des oeuvres, ce n'est que dans un second temps qu'elle les fait pénétrer dans la sphère de l'art. Ses installations sont l'aboutissement et le prolongement de situations mises en scène etvécues sur un mode autobiographique. Le sillon dans lequel s'inscrivent ses premiers travaux reflète une relation entre l'art et la vie singulièrement distincte du registre neutre, distancié et informatif des oeuvres conceptuelles
Elle vit à Paris et à New York et se définit souvent comme une artiste « narrative ». Ses photographies ont valeur de pièces à conviction à travers lesquelles elle racontedes histoires à la fois ordinaires et un peu inquiétantes, dont le matériau premier est sa propre vie, ses propres expériences reconstruites entre réalité et fiction .

Sophie Calle est la fille de Robert Calle, cancérologue ancien directeur de l'Institut Curie et collectionneur à l'origine du Carré d'art, le musée d'art contemporain de la ville de Nîmes. Fortement influencée par l'entourage desamis proches de son père (Martial Raysse, Arman, Christian Boltanski), elle décide de s'orienter vers la création artistique1.
Après avoir été une « activiste pure et dure » — maoïsme, féminisme, Gauche prolétarienne, lutte pro-palestinienne au Sud-Liban, etc. — et avoir voyagé sept ans à travers le monde, Sophie Calle rentre à Paris. Perdue, sans projet professionnel, sans capacité précise, sansamis, elle décide de suivre des inconnus dans la rue, comme pour retrouver Paris à travers les trajets des autres. Pour son premier projet, en 1979, elle décide de suivre, à son insu, un inconnu qui l'entraîne à Venise. "Suite vénitienne" est le résultat de cette filature.
« Je suivais des inconnus dans la rue. Pour le plaisir de les suivre et non parce qu'ils m'intéressaient. Je lesphotographiais à leur insu, notais leurs déplacements, puis finalement les perdais de vue et les oubliais.
A la fin du mois de janvier 1980, dans les rues de Paris, j'ai suivi un homme dont j'ai perdu la trace quelques minutes plus tard dans la foule. Le soir même, lors d'une réception, tout à fait par hasard, il me fut présenté. Au cours d'une conversation, il me fit part d'un projet imminent de voyage àVenise. Je décidai alors de m'attacher à ses pas, de le suivre. »

Plus tard, la remarque d’une amie sur la tiédeur des draps, lorsqu’elle se couche auprès d’elle, lui donne l'idée d'inviter des gens pris au hasard à venir dormir quelques heures dans son lit.
En 1979, « par jeu », Sophie Calle demande donc à différents inconnus (ou amis et entourage quand elle n'avait trouvé personne, ou encoreelle-même lorsqu'un dormeur lui faisait faux-bond) de venir passer un certain nombre d'heures dans son lit afin que celui-ci soit occupé sans discontinuer huit jours durant, en acceptant d'être photographiés et de répondre à quelques questions. Elle prend des clichés des dormeurs — parmi lesquels l'acteur Fabrice Luchini — et note consciencieusement les détails éléments importants de ces brèvesrencontres : sujets de discussion, positions des dormeurs, leurs mouvements au cours de leur sommeil, le menu détaillé du petit-déjeuner qu'elle leur préparait. Ce travail, intitulé Les Dormeurs, retient l'attention du critique Bernard Lamarche-Vadel, mari de l'un des dormeurs 4; il l'invite à la Biennale de Paris en 1980. « En fait, dit Sophie Calle, c'est lui qui décida que j'étais une...
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