Stigmate

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 10 (2345 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 14 juillet 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
GALINIER Jacques, MOLINIE Antoinette [2006] Les néo-indiens : une religion du IIIe millénaire. Odile Jacob, Paris. Ce livre retrace une expérience ethnologique au Pérou et au Mexique qui s’étala sur plus de trente ans. Ici les auteurs s’interrogent en particulier sur la question de l’ethnogenèse des groupes d'Indiens plus ou moins traditionnels. Groupes qui par leurs activités s’inscrivent dansde vastes phénomènes allant du religieux au culturel et passant par le politique, sans oublier le tourisme. Les auteurs dans l’introduction définissent ce phénomène par le terme néo-indianité. Le préfixe néo est pour les auteurs à l’image du terme néo-classique, c'est-àdire que ces groupes d’indiens créent un décalage temporel en se réappropriant un passé, et en outre affirment un dynamisme duphénomène qui n’a cessé de grandir en trente ans. De plus leurs travaux se fixent sur différentes régions d’Amérique Latine et donc reprendre les termes des acteurs étudiés serait réducteur car ils seraient trop limitatifs à une région. Ce terme néoindien a le mérite d’englober différentes expressions culturelles et ainsi de lier des groupes distincts du Mexique et du Pérou. Ce choix repose aussi surun ensemble de traits commun des ethnies des hautes terres, ainsi qu’un passé archéologique très riches et de regrouper des mouvements politiques sous fond indigène. Ces différents éléments définissent les néoindiens. Les auteurs s’interrogent aussi sur le fait que la discipline de l’anthropologie a du mal avec cette question de l’ethnogenèse. Car ce mécanisme d’autocréation est en partie dû à laréappropriation des écrits ethnographiques, du patrimoine des civilisations des hautes terres andines et mexicaines, surtout des anciens rituels. Ce que les auteurs trouvent tout aussi déroutant c’est que cet ensemble sociologique n’est pas encadré par des acteurs non issus du monde indigène. Ce contraste avec le passé doit être nuancé par la présence de la culture occidentale actuelle commel’explique cette phrase forte : « dans le Nouveau Monde n'est ni l'archétype des monographies ethnographiques, ni le métis des intellectuels antiracistes. Il est plus proche de notre culture télévisuelle et de Disneyland. Dans sa vie quotidienne, il ne porte pas de plumes mais du polyester, bien qu'il s'habille en prince aztèque ou en Inca les jours de fête » (p. 8). Ce livre se construit comme un voyageen altitude. Le décollage part d’un événement très localisé qui unifie le mouvement néo-indien, pour ensuite se diriger vers deux localités (le Mexique et le Pérou). Après le regard monte en hauteur et s’intéresse à la relation de ce mouvement avec le New Age pour enfin atterrir dans les communautés Otomi et Quechua. Le premier chapitre traite de « l'Internationale néo-indienne » et ainsi lelecteur pénètre directement dans le monde de la néo-indianité. Les auteurs par ce choix entrainent le lecteur dans la découverte d’un événement précurseur à ce mouvement. Cinq cents ans après la découverte de l’Amérique, le 12 octobre 1992, une vague néo-indienne célèbre, en ce jour, à Zocalo (le centre de Mexico), où l’ensemble de la communauté indienne est présente (des Inuits aux Mapuches du Chili) «les cinq cent ans de résistance à la domination coloniale, à l'impérialisme et au génocide » (P. 28). Cette cérémonie s’inscrit dans « une construction idéologique aux dimensions panaméricaines » (P. 35), la présence à la fois du monde politique, comme du symbolisme religieux ne fait qu’appuyer cette fabrication identitaire, où la finalité et l’ambition idéologique est le « retour » auxfondations de la grande Tenochtitlan. L’analyse des différentes cérémonies néo-indiennes permet aux auteurs de mieux comprendre la mise en place de cette nouvelle identité. « La particularité de ces rituels est non seulement qu’ils sont le reflet de cet environnement symbolique complexe dans lequel sont déployés, mais aussi qu’ils contribuent à engendrer, à organiser et à cristalliser le mouvement...
tracking img