Sujet : « les crises sont-elles inscrites dans la dynamique du capitalisme ? »

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  • Publié le : 22 février 2009
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Sujet :« Les crises sont-elles inscrites dans la dynamique du capitalisme ? »

Introduction

En 1860, le docteur Juglar publiait l’ouvrage qui le rendra célèbre : « Des crises commerciales et de leur retour périodique, en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis ». Au début des années1930, E. Varga, économiste « officiel » de la IIIe internationale, affirmait que la grande crise quiébranlait alors le capitalisme constituait l’ultime soubresaut de ce système. M. Aglietta déclarait plus récemment que la crise asiatique constituait la crise la plus grave depuis 1945. Marx écrivait dans « le 18 Brumaire » que si l’histoire ne se répète pas, il lui arrive de bégayer… Le capitalisme a deux cents ans d’histoire, et son parcours est émaillé de crises. Les crises sont-elles inscrites dansla dynamique de ce système ?
L’observation de l’histoire ne laisse guère d’arguments à une réponse contraire. Deux grandes raisons peuvent permettre de comprendre la propension de ce système à connaître des crises. L’imperfection de l’économie de marché tout d’abord, en tant que système intrinsèquement problématique, et parce que les conditions de son fonctionnement optimal ne sont jamaisréunies. La dynamique du capitalisme lui-même ensuite, fondamentalement instable, en proie à des emballements, des « prurits », que viennent « purger » nécessairement les crises par la suite. Mais enfin, les crises ne sont pas fatales non plus, et certains dispositifs de régulation peuvent être mis en place pour les enrayer. L’analyse s’articulera autour de ces trois idées.

I. Les vicissitudes del’économie de marché et les heurts de la main invisible

A. Décentralisation des décisions, rationalité limitée, et fonctionnement aléatoire des marchés

1. Le système de l’économie de marché est un système de décisions décentralisées. L’économie repose sur la liberté individuelle, la liberté d’entreprendre, d’investir, etc. Le problème central est celui de l’absence de coordination des décisionsmicroéconomiques (cf. la parabole des îles de E. Phelps). L’interaction, l’agrégation des décisions microéconomiques produit souvent des effets indésirés, effets pervers au niveau macroéconomique, bien éloignés des harmonies supposées de la « main invisible ».

2. Les errements du marché tiennent fondamentalement aux carences d’information et à la rationalité limitée des agents. Pour êtreefficientes, les décisions doivent s’appuyer sur toute l’information disponible. Une hypothèse peu raisonnable, d’autant moins que la réalité économique se transforme à chaque instant sous l’influence de nouvelles décisions. L’information est lacunaire et déjà obsolète au moment où elle est rassemblée. H. Simon souligne que même si l’information était parfaite, la capacité humaine à la traiter demeurelimitée, et la rationalité des décisions ne peut être de même que limitée. Il en découle des décisions erronées, menant à une mauvaise allocation des ressources et aux dérives qui caractérisent structurellement l’économie de marché. Les keynésiens considèrent que, face à l’incertitude, les comportements tendent à devenir mimétiques, et amplifient ainsi les déséquilibres (cf. les marchés financiers).B. Les rigidités et entraves au bon fonctionnement du marché : l’autorégulation perdue

1. Le modèle néoclassique du marché est un modèle d’échanges purs, sans frictions, impliquant une fluidité et une flexibilité parfaites. La réalité en est très éloignée, et caractérisée par des « rigidités » de toutes sortes : de prix, de salaires, d’emplois, de qualifications, de contrats, de règles,auxquelles s’ajoutent les rigidités géographiques, culturelles, et celles qui découlent des interventions publiques et des positions dominantes.

2. La capacité autorégulatrice du marché se trouve altérée par ces multiples « imperfections ». Les néolibéraux analysent la crise de la fin du XXe siècle comme le résultat d’un ensemble de rigidités, sociales et publiques, qui étouffent l’économie et...
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