Thomas more

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  • Publié le : 26 mars 2010
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Né en 1478, mort en 1535, More a vécu à une époque charnière du second millénaire. Il en est à la fois le milieu, en ce sens qu’il en réunit les contraires, et le sommet en ce sens qu’il s’élève au-dessus d’eux pour dessiner la figure humaine la plus achevée qui fut, entre l’an mil et l’an deux mille de la chrétienté. Nous n’abusons pas des superlatifs en soulignant le fait que cette figure aété remarquée, dessinée et peinte par le plus grand portraitiste de ce même millénaire, Hans Holbein.

Le 6 juillet 1535, Thomas More était conduit à l’échafaud et décapité après un séjour de quinze mois en prison à Tower Hill. Il avait refusé de prêter le serment exigé par Henri VIII après sa rupture avec Rome.

Vie et œuvre
«Sir Thomas More – ou plus exactement saint Thomas More, puisqu'il aété béatifié par l'Église catholique en 1886 et canonisé en 1935 – a été présenté tour à tour comme "la figure la plus séduisante du début du XVIe siècle", "la voix de la conscience" de la première Réforme anglaise et "l'une des trois plus grandes figures de la Renaissance anglaise". Savant, juriste, théologien, homme d'État et finalement martyr, son influence s'est moins exercée sur l'évolution de laRéforme en Angleterre que sur la création d'un genre littéraire particulier: la description futuriste d'une société idéale. Le titre de son oeuvre la plus célèbre, L'utopie, a fini par devenir un mot de la langue courante; et «utopique» se dit souvent d'un projet idéaliste dont la réalisation serait très souhaitable, mais qui est complètement irréaliste et impraticable. Dans le domaine de lathéorie politique, les libéraux comme les socialistes attribuent à Thomas More la paternité de quelques-unes de leurs idées.»

KEITH WATSON, "Sir Thomas More (1478-1535)", Perspectives, vol. XXIV, n° 1-2, 1994, p. 189)

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Tout dans la vie de More, comme dans celle de Socrate, s’ordonne autour d’une mort à laquelle l’un et l’autre auraient pu facilement échapper s’ils avaient attaché moinsd’importance à la voix de leur conscience. Cette voix les incita à marcher vers la mort, incompris même de leurs proches. La mort du premier fut la condamnation du tribunal démocratique d’Athènes; la mort du second mit le protestantisme anglais naissant en contradiction avec lui-même.

Le premier et le plus grand des protestants anglais, ce fut en effet le catholique Thomas More. Celui quipoussa le plus loin le respect de sa conscience face au pouvoir spirituel du moment, ce fut le catholique Thomas More. L’homme le plus moderne de son temps, celui qui souhaita la plus haute et la plus libérale éducation pour les femmes, et qui l’offrit à ses propres filles, ce fut aussi le catholique Thomas More.

Les sages et les saints se détachent plus ou moins bien de leur personnage dansl’esprit de ceux qui les aperçoivent d’abord de très loin dans l’espace et dans le temps; il y a presque toujours un peu de frayeur dans l’admiration qu’ils suscitent en nous. Cela tient sans doute à ce que la différence entre eux et nous est démesurée par rapport à la ressemblance. Chez Thomas More, cette différence se fait oublier. Comme sa propre sainteté se faisait oublier à ses yeux. Cet homme detous les paradoxes fut aussi, de l’avis d’Érasme notamment, le plus bel être de son époque, le plus admirable et le plus attachant. On ne peut s’approcher de lui sans l’aimer davantage, et on ne peut l’aimer sans se sentir près de lui.

Né en 1478, mort en 1535, More a vécu à une époque charnière du second millénaire. Il en est à la fois le milieu, en ce sens qu’il en réunit les contraires, et lesommet en ce sens qu’il s’élève au-dessus d’eux pour dessiner la figure humaine la plus achevée qui fut, entre l’an mil et l’an deux mille de la chrétienté. Nous n’abusons pas des superlatifs en soulignant le fait que cette figure a été remarquée, dessinée et peinte par le plus grand portraitiste de ce même millénaire, Hans Holbein.

Amico amici amicus
La tendre amitié qui liait...
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