Tout ce que j'aimais

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  • Publié le : 25 avril 2011
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Analyse du roman :
« Tout ce que j’aimais » de Siri Hustvedt

Dans « Tout ce que j’aimais », Siri Hustvedt dépeint les difficultés et incertitudes liées à la vie d’artiste au travers de deux couples d’amis dont les déboires attisent l’intérêt du lecteur au fur et à mesure que l’intrigue se dévoile. L’ambiance du livre, telle la confection d’un tableau, prend du temps avant de se mettre enplace mais une fois plongé dans l’histoire, il n’y a plus moyen de s’en détourner. La romancière a imaginé la trame de l’histoire dans le milieu artistique new-yorkais des années septante qu’elle connaît particulièrement bien. Mais comment se traduit la personnalité des artistes dans leur œuvre ?

A cette époque, la peinture néo réaliste se développe, elle se veut la plus proche possible du réel etveut intégrer le spectateur au cœur de l’oeuvre. Bill, peintre et sculpteur, modifie son œuvre au fil du temps puisqu’il suit la progression de l’art de son époque. La manière dont Siri Hustvedt décrit la première peinture de Bill découverte par Léo, historien de l’art, nous permet de découvrir le style doux et chaud et calme, à l’image du caractère du peintre.

«  C’était un grand tableau, àpeu près un mètre quatre vingt sur deux mètres quarante, qui représentait une jeune femme couchée par terre dans une pièce nue. Elle était appuyée sur un coude et paraissait regarder quelque chose hors du cadre du tableau. Un flot de vives lumières entrait dans la pièce de ce côté, illuminant son visage et son torse. Sa main droite reposait sur son mont de Vénus et, en m’approchant, je vis qu’elletenait dans cette main un petit taxi – une version miniature de l’omniprésent taxi jaune qui circule dans les rues de New York. Il me fallu une minute environ pour comprendre qu’il y avait en réalité trois personnes dans le tableau. Tout à fait à ma droite, du côté sombre de la toile, je remarquai qu’une femme sortait de l’image. Seuls son pied et sa cheville restaient visibles à l’intérieur ducadre, mais le mocassin qu’elle portait était peint avec un soin minutieux et, une fois que je l’eus aperçu, je ne cessai de revenir à lui. La femme invisible devenait aussi importante que celle qui dominait la toile. La troisième personne n’était qu’un ombre. Pendant un instant, je pris cette ombre pour la mienne, et puis, je compris que l’artiste l’avait incluse dans l’œuvre. De l’extérieur dutableau, quelqu’un regardait cette belle jeune femme vêtue seulement d’un t-shirt d’homme, un spectateur qui semblait se tenir à l’endroit où je me tenais quand j’avais remarqué l’ombre qui s’étendait sur son ventre et ses cuisses. »

Léo hypnotisé par la beauté et la chaleur de l’œuvre désire connaître personnellement l’auteur. Cette rencontre déclenchera une amitié forte et fusionnelle entre lesdeux hommes et leur famille respective. Bill va passer de peintre à sculpteur en créant des boîtes qui font références à des chiffres ou à des contes qu’il raconte à son fils, Mark. Le bonheur des amis va basculer au cours d’un été lorsque le fils de Léo meurt malencontreusement lors d’une activité de descente en canoë kayak dans un camp de vacances. Léo, fou de douleur, se renferme sur lui-même,arrête d’écrire des critiques d’œuvres d’art et se sépare de son épouse. Afin de mieux combler le sentiment de vide affectif créé par la disparition de son fils, il se rapproche de Mark. Ce dernier, sombre dans la drogue à cause de ses fréquentations peu recommandables et plus particulièrement celle d’un artiste décalé, Teddy Giles, adepte des œuvres gores, courant artistique particulièrementviolent représentant notamment des femmes et des hommes découpés en morceaux. Certaines images décrites par Siri Husvedt peuvent heurter au point de se demander si l’art qui est défini comme une activité consistant à arranger entre eux divers éléments en s’adressant délibérément aux sens, aux émotions et à l’intellect ne devrait pas être plus restreinte.

« Avant la clôture de son exposition à...
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