Ubu roi et macbuth

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Débat actuel sur Albert Camus : L’esthétique des fantômes de la colonisation.
mardi 16 mars 2010, par Mohammmed Yefsah
Les fleurs du mal de Baudelaire disent l’étrangeté et la beauté de l’amour avec la mélancolie et le chagrin collant à la peau de l’amoureux. L’étranger de Camus dit la beauté du soleil et de la terre charnelle algérienne en cachant la poudre, la déchéance et l’humanité ducolonisé. Pour Baudelaire, il n’est sans nul doute, l’amour attaché à l’individu. Mais pour Camus, il est lié au présent de l’Algérie colonisée. La voix de Camus que l’on tente de claironner comme la plus juste durant la guerre de libération nationale algérienne sonne faux. Elle donne une mesure qu’il n’a pas eu dans l’orchestre de l’Histoire. Avec Camus, certains veulent refaire l’histoire, le concertqui s’est joué, pour introduire de fausses notes, de fausses questions. Trêve civile Au moment le plus intense de la guerre de libération algérienne, Camus a choisi de répondre aux questions politiques avec un discours poétique et ambigü. Le philosophe, sensé produire du discours et des concepts, se perdait en imprécisions. Puis, il se réclamait d’une opposition à l’indépendance de l’Algérie. Latrêve civile qu’il a tenté, avant son grand silence, pour épargner les civils, a été élaborée, à ma connaissance, avec Ferhat Abbas et non avec Abane Ramadan, comme l’indique Monsieur Stora. Ferhat Abbas, qui n’était encore membre du FLN et qui a signé le texte, a ensuite rejoint cette organisation. Pourquoi ce basculement ? C’est certainement la politique française qui a poussé de nombreux «assimilationistes » à préférer la voie radicale face aux massacres de la France et la sainte alliance des partis parlementaires en donnant les pleins pouvoirs à l’armée. Le récit de Emmanuel Roblès, écrivain et ami de Camus, sur la trêve civile est bien clair sur la journée et le déroulement de cette réunion qui se voulait épargner les innocents. Le FLN a participé et voulait que les actions armées netouchent pas les civils. L’opposition est venue des ultra de l’Algérie française qui criaient « Mendès au poteau ! Camusà mort ! ». Camus a critiqué la condition des colonisés, mais n’a jamais voulu s’attaquer au système lui-même : la colonisation. Et jusqu’à présent, on se demande pourquoi Camus a voulu une trêve civile en 1956 alors qu’il n’a jamais dénoncé les massacres de Sétif en mai 1945 ?Littérature de l’étrange silence Dans les « chroniques algériennes », Camus développe un discours humaniste, afin de demander seulement l’amélioration de la situation. A aucun moment, il n’a approfondi la question et imaginé une Algérie libre et indépendante. C’était son cauchemar ! A travers son humanisme, il réanime le vieux mythe de l’éducation et de l’ignorance. Pour Camus, la façon de gagnerles colonisés était de leur donner de l’éducation, de construire des écoles et de libérer les femmes. Son discours ravive aussi le vieux mythe de la colonisation, développé par les militaires-ethnologues, à savoir la division de la communauté nationale algérienne entre Arabes et Kabyles. Il reniait ainsi l’existence d’une nation algérienne. Cet imaginaire colonial, qu’Edward Saïd a analysé dansL’Orient créé par l’Occident et dans Culture et Impérialisme, dénoncé d’ailleurs par Sartre à raison, considère qu’il suffit de donner de l’éducation et un peu de confort aux colonisés pour qu’ils s’assimilent à la France coloniale. Camus ne s’est jamais attaqué au système colonial, à son essence, il voulait seulement son humanisation. Pourquoi cet humanisme n’est jamais évoqué à propos de larésistance française face à l’occupation allemande ? Pourquoi dans ce cas ne devrait-il pas s’appliquer à la guerre civile en Espagne ? « L’homme révolté » pouvait bien comprendre la lutte armée pour une cause juste, mais pas en dehors de sa terre natale. Dans ses romans, Camus ignorait les colonisés ou simplement les évoquait pour dire leur insignifiance. À la question du journaliste sur la situation...
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